Vista Chinesa

Baptiste Herbin ajoute un nouvel opus à une discographie déjà importante. Deux ans après « Dreams and Connections », le saxophoniste offre à nos oreilles attentives « Vista Chinesa », un hommage à son pays d’adoption, le Brésil.

À chaque représentation, il use de son génie pour sortir de délicieuses notes d’un saxophone qu’il maîtrise à la perfection. De la Thaïlande au Pérou, des salles russes aux festivals français, Baptiste Herbin est habitué au voyage. Et parmi tous les pays qu’il a pu visiter, c’est à une contrée brésilienne dont il est tombé amoureux qu’il rend hommage dans ce quatrième album. Enregistré au Studio Companhia dos técnicos à Rio De Janeiro, « Vista Chinesa » désigne l’un des lieux les plus touristiques de la ville, et témoigne de la découverte d’un pays côtoyé par le musicien depuis plusieurs années. Accompagné du contrebassiste Jefferson Lescowich, de Xande Figueiredo à la batterie et du pianiste Eduardo Farias (déjà présent sur Dreams and Connections), Baptiste Herbin s’est aussi entouré de sept guests dont Ed et Thaïs Motta au chant. Une formation conséquente certes, mais pas de trop pour la création de ce projet haut en couleurs.

Dans cette traversée sud-américaine, Baptiste Herbin allie qualité et quantité avec plus d’une heure de musique concentrée de tous les genres. Dès les prémices de ce disque signé chez Space Time Records, le premier titre « Vista Chinesa » présente la reconnaissance du musicien envers ce pays dans lequel il a enchaîné expériences et belles rencontres. Un piano hyperactif, une batterie survoltée et un saxophone plein de bonnes ondes, l’ambiance samba/jazz du morceau instaure une richesse sonore caractéristique de l’album. Contrairement aux précédents opus uniquement composés de titres instrumentaux, cet album fait dans la nouveauté et consacre quatre chansons dont trois signées Mauro Aguiar. Dans le pêchu « Transfigura », le quartet entouré de Idriss Boudrioua et Ademir Junior aux saxophones ainsi que Aquiles Moraes aux cuivres épaule le chant suave de Ed Motta, suivi de la délicatesse instaurée par la voix de Thaïs Motta dans « Meu Sonho ». Dans un élan de nostalgie sans doute, Baptiste Herbin rend hommage à Gus Viseur dans un arrangement remarquable de « Swing Valse » sorti en 1940 par l’accordéoniste belge.

Dans les 11 titres, Baptiste Herbin associe sa patte artistique à celle d’amis « dont la présence a été essentielle ». Cité précédemment, Idriss Boudrioua s’installe aussi à la composition pour nous présenter « Não me deixe » aux côtés de Thaïs Motta, toujours partante pour une envolée vocale pleine de sensualité.Plus on est de fous, plus on rit (et on joue en l’occurrence), Xavier Felgeyrolles donne aussi la note dans « Scène on Seine », qui clôture un projet éclectique à souhait.

Baptiste Herbin démontre par ses compositions détaillées l’inspiration procurée par ses voyages. Aux amateurs d’été et de chaleur, profitez-en, « Vista Chinesa » est un disque idéal pour accompagner les beaux jours.

Corentin MARATRAT

(2020 Space Time Records/Socadisc)

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