Chef Larry

Chef Larry, c’est le nom du nouvel album de l’harmoniciste de jazz Laurent Maur. Enregistré au Studio L’Ermitage, Chef Larry est un disque expressif et puissant qui s’inscrit dans la continuité de « La dernière danse », disque sorti en 2018.

On peut commencer cette chronique en disant que l’harmonica est un instrument plutôt rare dans le jazz, mais entre les mains de Maur il se transforme en un instrument versatile et puissant car ce musicien a complétement intériorisé le langage du jazz. Les phrases intriquées et rapides ainsi que les mélodies riches jouées avec son harmonica chromatique font de lui un musicien complet et un grand soliste.

On dit qu’on ne change pas une équipe qui gagne, et étant donné la réussite musicale de son dernier opus, l’harmoniciste a fait appel aux mêmes musiciens : Mario Canonge au piano, Felipe Cabrera à la contrebasse et Pierre-Alain Tocanier à la batterie, sont l’équipe de choc qui accompagne Laurent Maur dans cette nouvelle aventure musicale.

L’album commence avec le thème de Antonio Carlos Jobim Vivo Sonhando, une bossa nova pour laquelle la sonorité de l’harmonica chromatique semble parfaite (plusieurs harmonicistes ont fait une incursion dans ce style, et il faut vraiment écouter le classique The Brasil Project de Toots Thielemans ou les albums du brésilien Mauricio Einhorn, et plus récemment le brésilien Gabriel Grossi), et le groupe semble très à l’aise sur ce registre. Mais le morceau suivant, Chef Larry, change d’ambiance. Ce morceau, qui donne son nom à l’album, est dédié au Chef Larry Smith, chef cuisinier de Chicago (selon l’information qui nous est donnée sur la pochette), et c’est un morceau puissant et plein d’émotions, où on trouve un langage plus personnel de l’harmoniciste.

L’album va ensuite se dérouler autour du répertoire de Laurent Maur, avec des morceaux de la chanson française (« La javanaise ») et du jazz contemporain, avec des compositions de Larry Goldings et Donald Harrison, et du contrebassiste Felipe Cabrera. Le choix de titres pour cet album semble être bien équilibrée et on a l’impression qu’ils se suivent de façon naturelle et que les musiciens sont en grande synergie dans tous les morceaux. Les deux compositions de Maur présentes sur l’album (« Chef Larry » et « Marino la dernière danse ») sont excellentes et nous laissent avec l’envie d’en écouter plus. Peut-être que la suite de cette aventure sera un album fait de compositions de l’harmoniciste ? On a hâte !

Par Carlos Olivera

(L’Autre Distribution – 2019)

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