Mozaïc

Puissant et dissonant, avec un groove de fou, mélangeant moments électriques et sonorités boisées…l’inclassable Youpi 4tet revient avec le génial « Mozaïc », son dernier album dont la sortie sur les plateformes numériques était prévue le 20 mars (mais qui finalement a eu un peu de retard à cause de la situation actuelle). Déjà le premier album de ce groupe, formé par Émilie Calmé à la flûte, Laurent Maur à l’harmonica, Curtis Efoua à la batterie et Ouriel Ellert à la basse, nous avait captivé de par le mélange aussi improbable que réussi de styles (jazz, rock, électro, funk et world music). Et sur « Mozaïc » ils continuent cette exploration car le Youpi est un groupe en permanente quête musicale, sonore et humaine. 

Dès le début on se retrouve face à une sonorité inattendue (ou du moins que je n’attendais pas) : le premier morceau (Café Turc) est très électrique, avec un son de synthé qui, après un examen exhaustif, s’avère être en fait celui de l’harmonica midi de Laurent Maur, cet instrument numérique qui permet de transformer le son de l’harmonica en n’importe quel instrument (comme un synthétiseur). Et tout au long de l’album on passera, comme sur des montagnes russes, par des moments calmes suivis par des décharges d’énergie. 

Lolita BB (mon titre préféré) est, par exemple,  un tourbillon qui nous invite à plonger dans l’univers sonore du Youpi et qui nous oblige à retenir notre respiration pendant les 6.11 minutes du morceau, avec plusieurs ambiances qui vont du très éthéré solo de flûte d’Émilie, en passant par une rythmique de fou avec le groove intense de la basse et de la batterie, pour finir avec un solo d’harmonica d’une vitesse et créativité époustouflantes (il faut vraiment écouter ce solo avec un casque ou à plein volume!). Avec Urban Walk on passe dans une toute autre ambiance, celle-ci très électronique avec des couches sonores qui semblent faites au synthé (mais peut-être sont elles aussi faites avec l’harmonica midi de Laurent Maur ?). 

Mais dans cet album nous trouvons aussi des morceaux qui sont plus dans la continuité du dernier CD du groupe (à découvrir si vous ne le connaissez pas encore !) comme Bouture, où il faut écouter attentivement l’élégance et virtuosité de la batterie de Curtis et le solo de basse qui montre bien qu’Ouriel n’est pas seulement un accompagnateur magnifique et un bassiste avec un groove hors pair, mais aussi un soliste créatif.

Finalement, que puis-je vous dire de plus, si ce n’est que je vous conseille vivement d’écouter cet album, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…

Par Carlos Olivera

(LBmusic / UVM distribution, 2020)

Line-up:

Emilie Calmé (flûte & bansuri)
Lauren Maur (harmonica & harmonica midi)
Curtis Efoua (batterie)
Ouriel Ellert (basse)

Lien d’écoute de l’album :

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