Song for

Dans le jazz, nous le savons, il n’a jamais été facile de se faire un nom. Il est certainement encore plus difficile de se faire un prénom. Avez-vous entendu Taylor McFerrin, le joyeux bambin (de 39 ans) du célèbre Bobby. Et pourtant, il a bien du talent comme son père… mais combien de temps restera t’il le fils de… Alors, certes, si la famille Huchard n’a pas encore cette notoriété planétaire, Noé, fils de l’incontournable Stéphane, partage avec Taylor, la chance d’avoir reçu les gènes talentueux de leurs papas respectifs.

Bon, vous suivez ? J’aurais pu faire plus simple… « bon sang ne saurait mentir », « les chiens ne font pas des chats », « la valeur n’attend pas le nombre des années » … pour introduire celui qui, dès l’âge de 17 ans suivait déjà sur scène, le tempo imprégné par son batteur de père.

Question rythmique, il fut à bonne école. Question propos, il s’impose en patron dans un format trio acoustique piano, basse, batterie. L’exercice est classique et là où les plus timorés des débutants auraient caché leur inexpérience derrière une démonstration technique, sûr de lui, Noé nous propose une série de compositions originales (et 2 reprises) aux arrangements sobres, tel un vieux routier qui n’a plus rien à prouver. Un certain Pierre de Bethmann à la direction artistique y est peut-être un peu pour quelque chose.

La maturité de ce millénial né en 1999 provient aussi certainement du creuset dans lequel il a fait ses armes. Il affiche déjà de belles références à son tableau d’honneur ; Minino Garay, Pierre Bertrand, Stéphane Belmondo, Nicolas Folmer ou encore Eric Séva lui ont déjà fait confiance.

C’est avec deux potes de sa génération (désolé, pour ceux cités précédemment !), Clément Daldosso (contrebasse) et Elie Martin-Charrière (batterie) qu’il enregistre son premier projet solo, « Song for ». Des chansons pour… qui ? Pour Anna, une jeune chanteuse alto… (Mais on n’en dira pas plus, cela ne nous regarde pas), et peut être les autres pour papa Huchard, pour Pierre de Bethmann, pour Richard Bona… et pour nous et nos oreilles.

Après une intro piano solo, le trio expose les thèmes de Noé avec audace et détermination. Les ambiances et les tempos varient d’une plage à l’autre avec le même souci du détail et de la précision. Il est difficile de donner une quelconque référence pianistique, tant le phrasé diffère, tant les mélodies apportent de surprises. Mon coup de cœur, « San Rafael » est certainement le souvenir du festival de musique argentin et une « song for » Minino Garay, donc.

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître, Monsieur Huchard.

Par Vince

Soupir Music

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