The Dreamer 

Immersion dans les rêves du flûtiste fou de belle musique. Onirique donc, intérieur, intime, presque impudique, Joce se met à poil (pour de vrai sur le visuel du disque, à côté d’une dame rougeoyante dans la même tenue, les rêves vont être chauds), et nous livre, en vrac, les pensées, baignées de turpitude, de ses nuits agitées, en verbalisant des bribes de son inconscient apparent, et mis en (belle) musique. 


Le récit du « rêveur » commence par une plongée dans le temps : relent de musique baroque assénée sur un rythme de « Burana », destiné à nous plonger dans un autre univers. Les portes s’ouvrent alors doucement avec des grincements, des bouts de mélodies curieuses, les coups de batterie enflent, d’autres sons bizarres, et jaillit la flûte ! Tourbillonnante, ébouriffée, sur un canevas exposé par des accords de piano qui poussent le tempo jusqu’à l’explosion. Le voyage flou est en marche. Des notes posées en filigrane, une voix ouatée se laisse deviner, la guitare s’installe, frappe binaire, la voix entre dans la mélodie.

Ambiance Rock. Résurgence de rock progressif anglais. On pense à « Caravan », « Genesis »… une reprise de « Money » (R. Waters) totale éthérée… « Moody Blues » : reprise de la musique du film « Meurtre dans un jardin anglais » (M. Nyman). Les autres compos sont de Joce. Il en profite pour justifier les photos de nus : « Nude was the color of my Innocence ». Comme chez « Soft Machine », les motifs musicaux sont prétextes à de belles envolées jazzy en impro. Le son de la flûte est somptueux et sa musicalité sans entrave. Comme dans un rêve, tout est possible, et Joce, et les autres, ne s’en privent pas d’explorer les pistes qui s’entremêlent comme des fils d’une Ariane sous Acide. Les pièces d’un puzzle perdues dans les facettes d’un kaléidoscope ébréché. Un Trip dans le brouillard, c’est coton ! Les repères s’estompent, les airs se chevauchent et créent un autre chant qui fluctue, les divers instruments se relaient pour nous égarer, la flûte reste, empirique. Lyrique. Fluide , impérieuse, Impériale !


Un disque étrange, différent, touchant. En tout cas : une réussite ! 

Par Alain Fleche

Joce Mienniel : Flûte, chant
Maxime Delpierre : Guitares
VincentLafont : Claviers
Sébastien Brun : Batterie

Chez Drugstore Malone

%d blogueurs aiment cette page :