Luma

Tom Ibarra : guitare électrique
Jeff Mercadié : saxophones
Lilian Mille : trompette
Auxane Cartigny : claviers, piano
Noé Berne : basse
Tao Ehrlich : batterie

Pour son troisième album, Tom Ibarra a choisi d’explorer une nouvelle route. Il a pour cela remanié son groupe en profitant pour l’étoffer. Ils sont six jeunes musiciens au métier déjà bien affirmé, à la palette large et aux choix ambitieux.

Le parti pris électro est assumé, il s’entend dans toutes les compositions, donnant une couleur particulière à cet album de jazz. Le jazz a besoin de ces cures de jouvence comme en aurait besoin la majorité de son public. La jeune garde est là pour dynamiser un domaine musical qui n’a du reste fait que cela dans toute son existence, évoluer. Elle se doit d’attirer sa génération à une musique autre que celle que diffusent en boucle les radios autrefois libres.

L’électronique est là mais surtout les musiciens sont présents, elle est à leur service, en aucun cas ne les remplace. Lors du concert du 12 mars dernier, deux jours avant la fin du monde musical, nous avions pu nous en rendre compte avec enchantement. Le groupe était sur un nuage, il en est vite descendu malheureusement.

Les neuf compositions de Tom Ibarra alternent puissance et calme, énergie et sensibilité. Dès le premier titre “Left Behind” on vibre au beat électro bien nerveux, aux infras des machines. La mélodie ibarrienne s’avance, l’harmonie des cuivres arrive précédant un solo de guitare arrangée, comme pour le rhum ça donne de la saveur. Ça se confirme sur le titre suivant “Overcome” la rythmique est devant, les machines ronflent gros, c’est même assez violent ; les chorus s’enchaînent apportant leur délicatesse. On comprend que Tom est passé à autre chose, malaxant une autre texture tout en restant lui-même. Le morceau titre “Luma”, en référence à la lumière, très atypique est juste… lumineux. Le bugle de velours, les arpèges de guitare s’y installent sur un coussin électro enveloppant et douillet.

Les amateurs de références regarderont du côté d’un certain collectif américain qui remplit les salles en France en y mêlant tous les publics. C’est tout le mal qu’on souhaite à cette magnifique équipe du Tom Ibarra Group, nouvelle formule.

Par Philippe Desmond

Label : Goatzic production – distribution : http://kuroneko-media.com/fr

https://www.tomibarra.com/

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