Moods

[COUP DE COEUR] Toujours à la quête d’une belle note, Jérémy Bruger poursuit son parcours de leader dans « Moods », un troisième opus réalisé entre amis, hommage à ses inspirations les plus profondes.

L’originaire du Havre remet ses talents de musicien au service d’une nouvelle aventure. Au-delà d’un hommage donné au jazz qui l’amène à remplir les clubs parisiens depuis des années, cet album s’inscrit dans une productivité régulière du musicien, revenant à peu près tous les trois ans avec un projet. 2013 pour « Jubilation », 2016 pour « Reflections », place maintenant à 2020 avec « Moods », qui grâce à la batterie de Mourad Benhammou et la contrebasse de Raphael Dever, propose un équilibre particulier entre « tradition du jazz »  et « des choses beaucoup plus contemporaines », évoqué par Jérémy Bruger lors d’un entretien fin janvier sur Ouest Track Radio.

Habitué à rendre hommage à ses pairs dans ses deux précédents disques, Jérémy Bruger assemble pour la première fois des compositions personnelles à des reprises de ses standards, de George Gershwin à Hank Jones. Décidé à intégrer son identité musicale dans ce projet plus personnel, le trio nous invite à profiter des nombreuses atmosphères du disque à l’écoute de « Things Are Coming », premier morceau positif, caractérisé par le swing du piano/contrebasse allié à une batterie réglée au dixième près. Une ambiance parmi d’autres : On peut profiter de la tendresse de « Sucrier Velours » de Duke Ellington (version Jérémy Bruger), de l’énergie de « Go! », ou de « Together Again »,fond idéal pour d’heureuses retrouvailles. On le sent dans ce disque, Jérémy Bruger se lâche et joue sa propre musique, en associant ses talents de créateur à une culture musicale cultivée très tôt.

Dès sa jeunesse, son intérêt pour le jazz est présent, mais aux côtés d’autres sonorités. Dans la maison familiale, les mélodies de Count Basie s’incorporent aux poèmes de Brassens, la guitare de Santana, et le mambo de Pérez Prado, pour n’en citer qu’une poignée. Ouvert à tous les genres, Jérémy Bruger s’inscrit dans la lignée des musiciens qu’il admire en donnant corps et âme au quatrième art : Des concerts, des rencontres, et des collaborations aux côtés de Gilad Atzmon ou Fakear témoignent de sa polyvalence, une polyvalence reconnaissable dans le jeu incisif et énergique proposé dans « Moods ». Une belle surprise pour les danseurs qui nous liront.

Du swing au vieux blues nonchalant, « Moods » s’adapte aux humeurs du quotidien grâce une richesse sonore offerte par un trio exaltant. Une histoire d’amitié au service de la musique que l’on vous recommande.

Corentin MARATRAT

(2020 Black&Blue Records)

%d blogueurs aiment cette page :