Morricone Stories

Stefano di Battista, le plus français des saxophonistes italiens, vient d’enregistrer “Morricone Stories“. Lorsqu’il arrive à Paris dans les années 90, il se fait assez vite un nom, adoubé par des musiciens tels que Jean-Pierre Como, le batteur Aldo Romano, Laurent Cugny et le trompettiste Flavio Boltro qui l’invitent à rejoindre l’Orchestre National de Jazz. Ayant enregistré avec ses concitoyens comme Enrico Rava ou Rosario Bonaccorso, il rencontre des musiciens qui comptent sur la scène européenne comme Éric Legnini et André Ceccarelli puis plus tard, Baptiste Trotignon ou encore Sylvain Luc. Après 10 ans hors des studios pour un projet sous son nom, il s’empare du répertoire de l’immense Ennio Morricone avec une approche singulière qui est bien plus qu’un hommage à son compatriote. Ennio Morricone, disparu en juillet 2020 aurait certainement apprécié la relecture de certains « tubes » de son répertoire (« Peur sur la Ville », « Le bon, la brute et le truand », « Mission »), mais, c’est par les airs moins connus, voire inconnus que Stefano nous fait découvrir la richesse des mélodies que l’on néglige bien souvent lorsqu’elles enveloppent les images. Arrangés pour un quartet de classe internationale, André Ceccarelli à la batterie, Fred Nardin au piano, Daniele Sorrentino à la contrebasse, les phrases se dépouillent sous les doigts de Stefano di Battista, tantôt au sax ténor, tantôt au soprano (« Cosa avete fatto a Solange », « Apertura della caccia »). Les phrases musicales prennent toute la place et ce sont les images qui nous arrivent alors. Le jeune pianiste Fred Nardin souligne sans forcer la veine mélodique du propos, Dédé et Daniele Sorrentino tiennent sobrement et impeccablement la rythmique. Sans aucune démonstration, presque religieusement, Stefano di Battista nous fait découvrir un grand musicien et un titre inédit du maestro Morricone puisque spécialement dédié à Flora, la fille de Stefano di Battista, enregistré ici pour la toute première fois ! « Morricone Stories », ce n’est pas du cinéma ; allez-y les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes.

Vince

Warner Music

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