Spirit Song

[COUP DE CŒUR] Âgé d’à peine plus d’un siècle, le vibraphone est encore aujourd’hui un fringuant jeune homme, dont le son subtil, cristallin et feutré à la fois, suscite de nombreuses vocations. Même s’il a pu servir musique classique et musique contemporaine, c’est surtout dans les multiples courants du jazz qu’on le retrouve, joué par de grands éclaireurs, de Lionel Hampton et Milt Jackson à Stephon Harris, en passant par Bobby Hutcherson, Gary Burton et Mike Mainieri, la liste est encore longue ! Simon Moullier appartient à cette grande famille. Actuellement basé à New-York, il est né en France, et a suivi à Nantes des études de percussions classiques et de batterie, avant de les poursuivre et de se voir diplômé aux États-Unis (Berklee College of Music, Institut Thelonious Monk). Il fait désormais partie de la nouvelle vague des vibraphonistes du cru, sur laquelle il surfe avec audace, aux côtés de Warren Wolf, Joel Ross et quelques autres. Cela lui permet de se frotter au gotha « multi tendances » du jazz, dont certains membres ne tarissent pas d’éloges à son égard (Herbie Hancock, Quincy Jones), et de jouer tout autour de la Planète, ce qui nourrit sa créativité qui foisonne d’idées. Car Simon Moullier est un voyageur avoué, jusqu’au cœur de l’Amérique, ce disque veut en être le témoin. Son imagination sans frontière entonne des chants intimes, aux accents vibratiles inattendus. Outre celui très particulier de son vibraphone, tantôt naturel, tantôt enveloppé d’une légère cape électronique féérique, avec par moment des accents percussifs plus appuyés, il y a ceux venus d’ailleurs, grâce à ce balafon, dont il utilise à ravir les couleurs de fête, pour faire tanguer les mélodies. Entrelacs délicieux, auxquels se nouent le souffle magique des saxophones de Dayna Stephens et Morgan Guerin, deux figures incontournables à New-York, ainsi que le jeu agile et lumineux des pianos d’Isaac Wilson et de Simon Chivallon, deuxième français du projet, lequel abat ses meilleures cartes. Soutenue par les fidèles Luca Alemanno (Contrebasse) et Jongkuk Kim (Batterie), une rythmique de tout premier plan, qui catalyse avec force cet ardent collectif, cette danse moderne ne manque pas de saluer les chemins tracés par les fondateurs, tout en mêlant sa part frondeuse d’insouciance. D’une écriture sensible et inspirée, Simon Moullier signe huit des neuf thèmes, « I’ll remember April » (Gene de Paul) étant l’unique standard, fort joliment repris. Ils s’écoulent en humeurs variées, avec la grâce de nouvelles, échappées du journal d’un voyage intérieur. Du morceau titre à « Bala », on est séduit  par la fraicheur et la fluidité du flow, par sa densité et une variété des climats, ou alternent tumulte acidulé (« Acceptance », « Beings of light »…), et sereine douceur  (« Wind Chaser », « Prophecy »…).  Mention spéciale à « Kenyalang », dont la beauté pure tire les larmes. Un premier album que chante un esprit libre. Une vraie réussite !

Simon Moullier (Vibraphone, balafon, percussions, synthétiseurs, compositions, arrangements)

Dayna Stephens (Saxophone, morceaux 2 et 7)

Morgan Guerin (Saxophone,  morceaux 1, 3 et 5)

Simon Chivallon (Piano, morceaux 2, 4, 7 et 8)

Isaac Wilson (Piano, morceaux 1,3 et 5)

Luca Alemanno (Contrebasse)

Jongkuk Kim (Batterie).

Par Dom Imonk

Label Outside In Music

www.simonmoullier.com

Et si vous souhaitez écouter et acquérir l’album, c’est par là :

https://simonmoullier.bandcamp.com/album/spirit-song

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