Bien décidé à secouer vos tympans, le groupe lillois présente son deuxième album. Cinq ans après un premier disque éponyme bien pêchu, Pierre-Yves Langlois et sa bande continuent à cultiver leur empreinte éclectique.

Pour ce deuxième opus, le groupe mise sur une recette qui leur réussit bien : de bonnes vibrations et une capacité de création certaine, le tout agrémenté d’une petite surprise. Accompagnés par les invités de choix que sont le trompettiste Russell Gunn et le légendaire Fred Wesley, la formation rajoute du chant dans cet album en invitant la chanteuse Dréo. Une nouveauté pour le groupe, d’habitude orienté vers la musique instrumentale aux sonorités de tous bords.

Funk ? Ska ? Jazz ? Rock ? Pas facile de classer le groupe dans un genre particulier, mais il n’est pas nécessaire de le faire. The HeadShakers laisse une place à tous les styles, et le prouve dès les premières notes de « Finger In The Noise ». Le rythme est fracassant, la double grosse caisse d’Arnaud Havet et les riffs électriques de Mike Varlet forment une alchimie parfaite, et les sonorités du reste du line-up complètent un jam généreux. Dans « Architect of Funk », l’introduction tout en douceur des cuivres démarre un groove sensuel aux côtés de Fred Wesley. Une session funk aux côtés du « Funkiest Trombone Player Ever » ? Tout un symbole ! Au travers d’une production majoritairement funky, le groupe s’accorde quelques écarts réussis avec une reprise du standard « On Green Dolphin Street » (notamment repris par Miles Davis), et un « I Want You Back » des Jackson 5 plein de soul grâce à l’intensité du chant de Dréo.

Dans les 12 titres de ce projet, la preuve que toutes les alliances sonores sont possibles. Dans « The HeadShakers », on peut entendre l’inspiration d’un Herbie Hancock, mélangé au groove d’Earth Wind & Fire, le tout sur des riffs de basse inspirés Rage Against The Machine, notamment dans « Laids Medias » et « Nxp1 ». Un mélange impensable à la première lecture, mais à découvrir dans ce projet.

On l’a constaté, The HeadShakers sont de la trempe de ces formations qui transpirent l’énergie et la polyvalence en concert, mais aussi en studio comme le démontre ce dernier album..

Corentin MARATRAT

(2020 Auto-production)

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