Horizons

Du jazz manouche encore ? Et oui une pluie de cordes, de guitares avec celles du maestro Hono fidèle compagnon de Bireli, de son neveu Brady, les cordes de contrebasse de Diego Imbert, celles du piano de Jean-Yves Jung et les cordes vocales de Sara Lazarus et Claudio Favari, rien moins !

Le son général en est de suite transformé, certes les pompes sont toujours et heureusement là, mais sur un répertoire varié du « Dreamer » de Jobim au brillant « Jingle » de Wes Montgomery en passant par un très swinguant « Fascinating Rhythm » de Gershwin ou encore « I Remember April »…

La présence assez inhabituelle du piano est l’occasion de beaux dialogues entre Hono Winterstein et Jean-Yves Jung qui lui aussi joue avec Bireli Lagrène. La musique en est nettement enrichie. Le swing manouche rappelez vous c’est aussi le romantisme de Jean Sablon, ici c’est la voix de Claudio Favari sur une musique de Hono, « Lune de miel 2020 » qui apporte une touche gentiment désuète et si agréable. Sara Lazarus est elle dans un autre registre comme dans le « Yesterdays » de Jerome Kern transformé en boléro sensuel, la guitare lui répondant avec délicatesse.

Un tel album sans clin d’oeil à Django est inconcevable, ce sera « A little love, a little kiss » de Lao Silesu repris à l’époque par le guitariste légendaire. Un bien agréable petit baiser de la petite bouche de la guitare de Hono Winterstein. C’est en effet un guitariste plein de finesse, certes capable de tirer la bourre avec les collègues, mais aussi au toucher plein d’émotion et de sensibilité. Et quelle précision, quel phrasé ! Lui, accompagnateur habituellement, se révèle ici en leader et c’est une vraie réussite.

Philippe Desmond

Trebim Music – Trebmus057