Bus Electrique au Blue Perry Jazz Club (Charente)

Balthazar Naturel : Cor Anglais, Électronique
Baptiste Thiébault : Batterie
Blaise Chevallier : Contrebasse

Un plaisir de se retrouver dans cet endroit paisible, au milieu de nulle part  (Charente) pour écouter un trio original. Trois jeunes musiciens qui  ont choisit de s’exprimer en improvisation libre. Une page blanche qu’ils ont tôt fait de remplir d’idées, de sons spontanées qui nous ravissent. 

Une section rythmique de folie : un batteur énergique qui envoie la balle dans tous les coins de son espace sans limite qui peut faire preuve de finesse lorsqu’il soutient les chorus  de son acolyte, un contrebassiste puissant et inventif qui sort de son instrument tout ce qui s’y trouve. 

Blaise chevallier commence par la contrebasse classique avant de rapidement entrer dans l’univers du jazz. Il a joué avec Leon Parker, Manuel Rocheman, Alain Jean-Marie… avant de créer le trio  ‘Aéroplane’ avec Yoann Loustalot. Il fait parti de nombreuses formations qui tourne partout sur la planète.

Le batteur Baptiste Thiébault s’est formé auprès de Riccardo Del Fra, Glenn Ferris, Dré Pallemaerts, Marc Ducret, Eddie Gomez… prend des cours de musique indienne puis intègre plusieurs groupes aux horizons divers : jazz, country, folk, free jazz et travaille fréquemment avec des compagnies théâtrales.

Balthazar Naturel est un multi-instrumentiste qui a débuté par le hautbois classique, puis joué de la contrebasse avec laquelle il se rapproche du jazz, ce qui l’a amené à s’essayer au saxophone. Enfin il choisit le cor anglais ((entre le hautbois et le basson, anche double) qu’il électrifie et triture le son à l’aide d’un ensemble de pédales d’effets

Les maillets de Baptiste frappent fort, la contrebasse elle-même sert de percussion, le spectacle commence. Balthazar teste ses appareils branchés sur le cor : réverbe, woua-woua, boucles… spatial ! Des bouts de thème apparaissent brièvement pendant qu’un rythme Rock jazz s’installe, entre ‘Happy Apple’ et ‘The Bad Plus’…

Le cor semble être un prétexte pour installer une ambiance électro qui lie les deux autres officiants. Quelques interventions confirme qu’il sait fort bien jouer, aussi, du cor anglais.

La direction du groupe passe de mains en mains, pas de leader, juste le son ! 

Pendant les bidouillages électro quasi permanents, la section rythmique n’en fait qu’à sa tête avec ses mains. Le temps d’installer un beat aussitôt éclaté en free. Archet caverneux, grosse caisse binaire, l’archet cogne la ‘grand’mère’, la batterie rougit, le son mugit.

Des phrases courtes laissent les morceaux libres et ouverts qui n’ont pour cadre que la tessiture des instruments totalement maîtrisée par ces jeunes musiciens généreux en pleine synergie. 

Beau voyage que nous propose ce bus, ne le manquer pas !

Par Alain Fleche