Miniatus Quartet – Benoit Baud Session – « Naoto Dance »

5 étoiles
Benoit Baud : Saxophone alto, compositions
Frédéric D’Oelnitz : Piano, synthétiseur
Basile Mouton : Contrebasse, basse électrique
Stéphane Foucher : Batterie
Benoit Baud est un saxophoniste alto et soprano originaire de Savoie qui a débuté ses études musicales à Lyon et les a complétées à New-York notamment auprès de Kenny Garret. Il a joué entre autres avec Eric Le Lann, François Theberge, François Gallix ou encore Pierre Perchaud.
Le niçois et claviériste Frédéric d’Oelnitz est passé du groupe Magma (années 90) de Christian Vander au jazz et a notamment accompagné Eric Le Lann et les frères Belmondo.
Basile Mouton le bassiste ardéchois a, pour sa part, navigué du rock alternatif de Babylon Circus au jazz avec entre autres Pierre de Bethmann, Franck Agulhon ou Anne Pacéo.
Quant au batteur François Foucher, il a joué avec une pléiade de grands musiciens américains et ici avec Gary Brunton, André Villéger ou Eric Prost.
Benoit Baud est l’auteur des compositions de cet opus « Naoto Dance » du quartet né à Lyon en 2006 et qui fête ses 20 ans.
L’énergie vitale, la grande liberté de ton et de sonorités venues d’horizons différents caractérisent cet album mené par ces 4 musiciens guidés par l’instant et le plaisir du partage.
Mes morceaux préférés :
« Naoto Dance » : La rythmique serrée, en boucles, avec Basile Mouton et Stéphane Foucher évoque d’emblée la scène new-yorkaise actuelle, Benoit Baud libère des vrilles nerveuses et créatives, Frédéric d’Oelnitz déroule ses harmonies en maintenant une main gauche basse et vive. L’ensemble percutant et percussif très rythmé, saccadé, évolue comme une transe dansée aux accents africains et hip hop à la fois : identité forte dans cette entrée en matière en référence au prénom du fils de Benoit : Naoto.
« Flow » : Dès l’entame le groove nous embarque : Stéphane rapide, pluriel et expert jongle entre percussions et cymbales, soutenu par une basse solide. Benoit module avec recherche un motif itéré, et Frédéric hache et délie alternativement son jeu en riches sonorités. Puis le saxo se lance en arabesques gouleyantes teintées de free jazz. Cette façon très instinctive et libre de jouer ensemble sur ce groove incroyable nous donne presque 8 minutes d’intense plaisir (mon morceau préféré des préférés !)
« Lisse » : Les notes hautes de l’alto en circonvolutions tendres ouvrent cette ballade, rejointes par celles veloutées du piano suivi d’un ténébreux et superbe solo de contrebasse. L’ensemble nous plonge aux racines du jazz avec saxo poétique et piano voluptueux.
« Rodéo » : A l’entame de cet endiablé morceau, le tambour donne les impulsions du rodéo, le saxo aussi vif que le taureau déboule en mode free, le piano rend bien l’intensité du « combat » : Original et très visuel !
« Iko » : Ouverture très basse, structurante de Basile à la basse électrique, Benoit vient évoluer dessus de façon incisive et hachée puis Frédéric s’impose au synthé ravageur avec effets, Stéphane joue avec les tempos, temps/contretemps avec jubilation, le saxo le suit volubile et libre sur ce concentré de musiques urbaines flirtant avec le jazz : bien intéressant tout ça !
« Monky » : ce dernier morceau de l’album est enjoué, rapide, dans la tradition du hard bop (Monk période hard bop ?). Les jeux de chacun sont impulsifs : le saxo fougueux, la batterie aux multiples variations, la contrebasse menant la danse, le piano sautillant dans une ambiance de joie collective vivifiante !
Bref, un album foisonnant de couleurs plurielles (comme on dit : « entre, tradition et modernité ») tant par les compositions que par le jeu de chacun avec son « background », par l’écoute des autres et la jubilation du partage ! A découvrir !
par Martine Omiécinski
Sortie le 19 juin 2026 CDZ/Jazz Family



















