Walter Lété Bonfils – Trio W.L.B. – Objet Céleste 

5 étoiles

Philippe Walter : Piano, compositions
Christian Lété : Batterie
Tony Bonfils : Contrebasse

Philippe Walter est un pianiste de jazz bordelais, compositeur et professeur auteur d’une méthode d’apprentissage du piano basée sur le rythme et l’oreille. Il a collaboré notamment avec André Ceccarelli, Didier Lockwood et Birelli Lagrène. Il a composé, outre ses albums, de nombreuses musiques de films, pièces de théâtre, environnement musical de chaîne de télévision (Canal +). Ses diverses influences se mêlent dans ses compositions : classique, jazz, ambiances latines etc..

Il est entouré de 2 complices de plus de 40 ans ayant aussi un grand savoir-faire et du talent :

-Christian Lété batteur et professeur de batterie ayant joué avec Portal, Texier, Sclavis, Vander, Lubat, Dexter Gordon ou encore Georges Coleman, Claude Nougaro ou encore Charles Aznavour.

-Tony Bonfils contrebassiste qui après le Rythmn’Blues part en jazz avec André Ceccarelli (tournée de4 ans en Italie), poursuit ses études auprès de J.F Jenny-Clark puis Philippe Nogaret. Puis il sévit dans la variété aux côtés de Nicole Croisille, Sacha Distel, Yves Montand, Henri Salvador ou Charles Aznavour pour revenir au jazz auprès de Dee.Dee.Bridgewater, en flirtant aussi avec les comédies musicales !

Bref trois musiciens chevronnés qui se connaissent bien (et ça s’entend !) sur ces 6 compositions et 4 reprises où chacun prend pleinement possession de sa façon unique de l’espace musical tout en magnifiant le collectif !

Mes morceaux préférés :

« Summer Games » de P. Walter : Swing sautillant et espiègle ou chacun a sa place, Philippe, Christian et Tony virevoltent allègrement, les accélérations ponctuent vivement leur jeu et leur interplay réjouissants : premier morceau très prometteur !

« Autumn in Limoges »de P. Walter : Ballade plus calme, Philippe égrène les notes au piano à l’entame, le drumming de Christian est remarquablement bien dosé, Tony à la contrebasse souligne puis enveloppe de façon plus onctueuse. De belles improvisations parviennent à l’originalité sur les quelques accords inspirés de la suite de Vivaldi maintes fois reprise par les jazzmen notamment. Limoges est le lieu de leur studio d’enregistrement Corydalis qui a d’ailleurs fait un travail de son remarquable.

« Objet Céleste » de P. Walter : Mélodie douce et subtile, la part belle est faite au piano qui nous murmure quelques secrets sur l’univers. La basse ronde et sereine de Tony vient magnifier cet objet céleste.

« Songo » de P. Walter : Christian aux percussions démarre sur un ostinato qui devient viral, sur lequel surfent ses camarades. Les impros sont vivifiantes et le groove inouï, on se lève et on danse sur ces sonorités colorées aux accents latinos. Mention spéciale à Christian pour son riche jeu percu/batterie : Super !

« You must believe in spring » de Michel Legrand est très revisitée avec tendresse et velouté. La contrebasse est particulièrement émouvante et charnelle, le piano tout en retenue, tous les 3 développant de créatives improvisations.

« Nostalgia in Times Square » de Charlie Mingus : Prouve, si cela était nécessaire la maîtrise du Swing par les 3 comparses. C’est un hommage à leurs maîtres, à commencer pour Philippe à son père Jimmy Walter brillant pianiste (et compositeur de Boris Vian !) mais aussi Kenny Clarke ou Pharoah Sanders reconnaissent-ils !

« Winter Time Inspiration » de P. Walter : L’inspiration vient de ce studio Corydalis à Limoges où ils ont pu se lâcher librement grâce aux bonnes conditions de travail. L’entame est lente, hachée, expressive, avec un jeu résolument contemporain, la suite très sensitive avec une utilisation de la lenteur et des silences du plus bel effet.

Bref un album sorti en juin 2025 qui mérite vraiment une écoute attentive qui peut devenir virale !

Chronique de Martine Omiécinski le 10 Février 2026

Label Continua Jazz sortie juin 2025

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