« To be huge or not to hug »

En ces premiers jours de printemps, nous avons découvert un bien curieux album de jazz, envoyé à la rédaction par le groupe «The Hugues’Notes ». Collectif mystérieux, s’affirmant de Nouvelle-Aquitaine, des huguenots de la note bleue ?

Allez savoir ! Les six musiciens de ce bizarre collectif, inconnus au bataillon, ont visiblement enregistré les six titres très « home made » de cet album, en quelque garage ou grange de campagne, vu le son assez lo-fi de l’ensemble, captant même par moment, au travers des interstices entre les vielles planches de ses parois, quelques chants de coqs et bêlements de moutons, entrecoupés de toux de tracteurs fourbus ! Le line-up est formé de Fernande Dustère (chant, scie musicale, effets de voix), Guy Sistring (guitare, teremine, effets), Corentin Soufflet (cor anglais, tuba, saxophone, pas aphone), Christian Claviet (piano, synthés, effets), Raymond « Ray » Walkine (contrebasse, basse électrique) et Dick Mobonzo (batterie, percus, effets). Les quelques notes de pochette indiquent que chacun a composé ou adapté son propre morceau, et que leur musique se veut un mix multi tendance, mêlant jazz, rock, groove, et plus si affinité. Dès le premier morceau, c’est carrément du brutal, avec un sacré « goût de pomme dedans » © ! Titre : « Train train et le Captain hardrock » ! Vous avez compris, s’en dégage une impression de grosse fanfare groove jazz funk, à la New Orleans style, plus lourd tu meurs, genre Bonerama, on aura du mal à s’en remettre ! Deuxième morceau, plus aquatique, un jazz west coast, genre california surfing, mais en (vraiment) plus chargé, titre : « Un cachalot su’l’marcaret », l’histoire de ce gros poisson, prisonnier du grand fleuve, surfant sur le mascaret garonnais, tentant désespérément de rejoindre le large, et dont les remous causés par son lourd passage envoient du flot, qui remonte facilement jusqu’à la rue Saint Rémi ! Troisième titre, ahhh, soufflons un peu ! « La petite fleur du cygne ébréché ». Gentille balade nostalgique qui rend hommage à un grand du jazz, qu’on a quelquefois tendance à un peu trop oublier, son art est pourtant toujours très présent, avec l’image d’un bel animal tout blanc, qui répare en l’instant les brèches de l’oubli !  Quatrième titre, « Se moque –t-on des water closed ». Alors là, c’est très fort et très dans le style puissant du premier thème. C’est le seul titre enregistré par le groupe sur les bord du Lac d’Hostens, au moment où un incendie avait éclaté dans une petite auberge, et qu’un ami, Franck, pompier volontaire, zappa malheureusement lors de l’appel de la caserne. Fort heureusement, il n’y eut aucune victime, et les flammes furent vaincues ! Cinquième titre, retour au calme avec la douceur de « Norvegian wood », adapté au jazz, et carrément réécrit par Fernande Dustère (le jour de son anniverstère d’ailleurs !), avec un très beau chorus de scie musicale, et des vocaux qui envoient du copeau ! L’album se referme avec « To be huge or not to hug », morceau titre, énorme de jazz groove, et une sidérante invitation à l’étreinte, en ces temps tristes et troublés, propices à l’envie de retrouvailles, d’humanité, et de sortie de crise. En plus, non mais c’est fou ça, l’album sort le jour de la saint Hugues, pas nassié, mais l’autre, si ce n’est pas un signe ça ??!!

Bonnes écoutes et prenez bien soin de vous !

Par Dom Imonk

Label : Freeson

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