Roger ‟Kempˮ Biwandu Bordeaux Quintet
et invitée au Rocher de Palmer ce 28 février 2026.

Roger ‟Kempˮ Biwandu, batterie
Mickaël Chevalier, trompette
Jean-Christophe Jacques, saxophone ténor et soprano
Hervé ‟Le Révérendˮ Saint-Guirons, piano
Nolwenn Martin-Leizour, contrebasse

Invitée : Monique B. Thomas, chant

Le Salon de Musiques du Rocher était l’endroit où il fallait être, ce samedi 28 février, et les connaisseurs étaient bien présents : salle comble pour accueillir Roger ‟Kempˮ Biwandu, citoyen de Cenon qui jouait à domicile avec son quintet bordelais. Un concert évènement débordant d’énergie et de groove, de virtuosité, une osmose enthousiasmante entre ces musiciens ; chacun s’est surpassé pour faire de cette soirée un feu d’artifice dont on se souviendra longtemps

Entrée en scène de Roger ‟Kempˮ élégant, chemise blanche, qui s’installe derrière sa batterie, entame un solo comme il en a le talent pour accueillir ses complices de toujours : Hervé ‟Le Révérendˮ Saint-Guirons ce soir au piano, Nolwenn Leizour et sa contrebasse, puis les deux solistes, le saxophoniste Jean-Christophe Jacques et le trompettiste Mickaël Chevalier. Le quintet en place entame le premier titre ‟Generationˮ issu du deuxième album de Roger From Palmer ; une entrée en matière sur les chapeaux de roues, mené par une batterie qui claque et qui balance du groove, magistralement soutenue par la contrebasse de celle que Roger nomme affectueusement « La patronne », le piano toujours jubilatoire de Hervé ‟Le Révérendˮ, les soufflants dialoguant, jouant à l’unisson, deux musiciens qui se connaissent bien et s’apprécient, et cela s’entend.

L’émotion est là dès le deuxième titre, ‟Footprintsˮ de Wayne Shorter, que l’on trouve sur le dernier album Straight Outta Palmer, une interprétation en douce énergie contenue des sax et trompette, la rythmique en retenue ambiance jazz club qui vire en syncope explosive, et ce piano léger, léger…‟Tanzillaˮ typé hard bop, c’est la puissance éclatante de Roger aux baguettes et le groove enveloppant de la contrebasse, une séquence solo au piano rappelant le thème, et toujours le duo magnifique qui se lâche, ça déménage et le public est au top ! Roger présente ses complices, commentaires et traits d’humour compris, remercie le son, les lumières, techniciens sans oublier le « stagiaire », avant d’entamer SON morceau, ‟From Palmerˮ, composition de 2009 sur laquelle le sax brode en équilibriste ses chorus ahurissants.

 L’invitée de marque ce soir, Monique B. Thomas, l’« américaine de Créon » fait une entrée magistrale, interprétant la chanson de Mickaël Jackson, ‟Black or Whiteˮ, sur un arrangement swinguant ; puissance, clarté, sa voix au timbre chaud et doux à la fois est un régal d’émotion brute. Sur le morceau suivant, ‟Tightˮ de Betty Carter, piano contrebasse et batterie modèlent un écrin autour de la voix de Monique, d’où surgissent quelques accents de gospel, et dont le timbre est en accord parfait avec la trompette et le saxophone.

 ‟En direct du stade Tata Raphaëlˮ figure sur le quatrième album de Roger Straight Outta Palmer : un « clin d’œil à mon pays d’origine », le stade de Kinshasa théâtre d’un mythique combat de boxe en 1974, et aussi d’un festival réunissant entre autres artistes Miriam Makeba, Spinners. Un arrangement dans lequel il me semble percevoir quelque intonation de la musique zaïroise qui incite à bouger, et le solo de Hervé au piano emporté par une fougue blues boogie, relayé par Nolwenn à la contrebasse cordes claquantes jusque ces notes extrêmes tout en bas du manche, superbe !

Roger ‟Kempˮ nous invite maintenant à une magnifique ‟Balade à vélo avec Huyênˮ, titre que l’on peut découvrir sur son troisième album Three (Two boys and a girl) sorti en 2017. Balade en forme de ballade, sur les chemins du bonheur et de l’insouciance, l’accord rare des timbres, délicatesse et souci du détail, trois notes de contrebasse émergeant d’une parenthèse.

L’‟Essai après une attaque en première mainˮ, pour les afficionados du ballon ovale, un coup d’éclat du quintet déchaîné, l’échappée au coude à coude du batteur parti sur une autre planète et du saxophoniste pris de tremblements frénétiques, transmuté en vibratos échevelés, délire dans la salle ! Fabuleux moment de jazz ! Mais ça sent déjà la fin du set, et comme il a commencé, Roger seul en scène signe une séquence proprement époustouflante, quel batteur !

Rappel enthousiaste, et les voici remontant sur scène arborant le tee shirt ‟Straight Outta palmerˮ ! Et d’entamer un ‟Human Natureˮ en duo saxophone soprano et la trompette bouchée de Mickaël Chevalier en hommage au grand Miles ; le public retient son souffle…Mais ce n’est pas terminé, Monique Thomas de retour pour ce ‟Sunnyˮ où la chanteuse très en verve insuffle à ce standard un groove contagieux, le public reprenant le refrain « I love you », debout pour une fervente ovation bien méritée. Un très beau et grand moment de jazz ce soir…

Par François Laroulandie, photos David Bert

Roger Biwandu : https://www.facebook.com/profile.php?id=100087123151411

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