Mission Cimbalom

Mission Cimbalom ? Mission impossible ? Surtout pas, le but étant de faire une place à ce drôle d’instrument – du moins pour nous – dans le jazz et de ne pas le cantonner au folklore de l’Est. Le jazz accueille depuis longtemps tout ce qu’il est possible de faire comme instruments, il eut été dommage de se passer de celui-ci, le cymbalum en Français. Et pour cela qui de meilleur que Marius Preda, époustouflant spécialiste de ce drôle de piano sans clavier ni marteaux, cette harpe qu’on ne pince pas mais que l’on percute avec de fines mailloches. Mais Marius joue aussi du vibraphone, du violon, de l’accordéon, de la basse, du piano !

Nous voilà ainsi transportés dans un monde aux sonorités nouvelles se mariant parfaitement avec un jazz moderne et alerte. Ah ces chorus, ces triples croches, cette légèreté de Marius sur des rythmiques musclées. Il faut dire qu’il s’est en plus entouré de sacrés clients avec entre autres Dennis Chambers, Mike Stern, Arturo Sandoval… Et oui le monsieur n’est pas du tout un inconnu dans le milieu des grands musiciens de jazz et au delà. Il a collaboré aussi avec Vladimir Cosma pour des BO de films ou avec des artistes de variété ou d’autres de jazz. Il serait temps qu’il soit reconnu par le public.

Justement voilà le thème du « Grand Blond… » de Cosma métamorphosé par les arrangements de Marius, qui ensuite nous fait boper un tango, puis valser sur la pointe des cordes de son étrange cymbalum, chalouper avec Arturo Sandoval… On reconnaitra un peu plus loin le jeu de Mike Stern qui viendra croiser les cordes avec Marius devant une rythmique monstrueuse de Dennis Chambers et Tom Kennedy. Vous découvrirez ainsi à quelle vitesse on peut jouer du cymbalum et avec musicalité heureusement. Cet album ne sonne comme aucun autre, vraiment.

Mais « Mission Cimbalom » est avant tout un vrai disque de jazz, pas seulement une démonstration de cymbalum, celui-ci ayant trouvé sa juste et remarquable place. Un album étonnant par un artiste exceptionnel. Découvrez-le vite ! Et entre nous, pour l’avoir rencontré, il est extrêmement sympathique.

Mission accomplie monsieur Preda !

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