Raphaël Pannier Quartet – Live in Saint Louis, Sénégal

Personnel :
Raphaël Pannier, batterie
Khadim Niang & Sabar Group, batterie et percussions
Thomas Enhco, piano et rhodes
Yosvany Terry, saxophone
François Moutin, contrebasse et basse électrique
Pistes :
1. Lonely Woman
2. Take Five
3. Xalat Bou Set
4. Naima
5. Hommage A Doudou N’Diaye Rose
6. Sine Saloum
Raphaël Pannier, batteur trentenaire à la déjà longue carrière, virtuose extraordinaire (ses vidéos YouTube sont proprement hallucinantes), a monté ce projet de concert à Saint Louis du Sénégal, afin de rendre hommage à la « culture » Sabar, qui regroupe un style de musique, des percussions et une danse. C’est véritablement un ensemble de domaines culturels, issu du monde des Griots.
Raphaël Pannier est tombé dans ce monde très jeune, et c’est un rêve qu’il réalise ici : mêler le jazz et le Sabar.
Pour cela, il a travaillé ici en quartet et avec le Sabar Group, un ensemble de percussionnistes Sénégalais, « dirigé » par une figure du Sabar, Khadim Niang.
L’album s’ouvre sur « Lonely Woman », le standard d’Horace Silver, totalement méconnaissable, en dehors des accords de base ; le thème est exposé très calmement, et la tension monte, les percussions apparaissant d’abord doucement, pour exploser littéralement au cours du morceau ; les percussions transcendent littéralement l’interprétation. Il se clôture en véritable apocalypse de tambours, avec en passant un chorus de piano très inspiré de la part de Thomas Enhco.
S’ensuit une version trés dynamique de « Take Five ». La revisite est complète, le Fender Rhodes du même Thomas apportant sa part de surprise. Ce morceau fait la part belle aux tambours du Sabar Group et de Khadim Niang, sur la fin, mais aussi aux toms de Raphaël Pannier ; ses descentes sont ahurissantes de vélocité. Le morceau se termine sur un quasi solo des percussions.
« Xalat Bou Set », une création de Khadim, François et Raphaël ; le morceau a été enregistré en studio. Le tempo est assez lent, avec de longues nappes de Rhodes, les percussions omniprésentes, en arrière-plan sur un tempo beaucoup plus rapide que le thème, le tout enrichi par un duel percussions-contrebasse.
« Naima », issu de la musique Sabar, ornementé d’un thème très coltranien (saxophone et piano), une ballade au tempo classiquement lent, mais toujours avec un fond de tambours, souvent à l’unisson et sur le même rythme soutenu.
« Hommage à Doudou N’Diaye Rose », composé par Khadim, donne la priorité aux percussions : une succession de schémas rythmiques, très riches, d’une précision absolue.
« Sine Saloum » termine l’album, surprenant morceau, avec un thème très fusion (le Rhodes n’y est pas pour rien), sur une rythmique très basique, et qui laisse vite la place à la puissance des percussions.
Les expériences de rencontre jazz et musique africaines sont fréquentes et toujours intéressantes ; on pense à la Kora du Mali, bien sûr. Sur cet album, la rencontre est particulièrement réussie, Raphaël Pannier réalisant un important travail d’arrangements, afin de construire une cohérence sur chaque piste, l’enregistrement live apportant une dynamique exceptionnelle, les tambours du Sabar Group dynamisant tous les morceaux, sans écraser la rythmique originelle, chacun apportant sa pierre à l’édifice.
Un album énergisant, un grand moment de musique, réussissant l’alliance des mélodies et des rythmiques originales (5/4 sur Take Five) avec la puissance de pulsation de vie des tambours Sabar.
Par Pierre-Yves Miroux
2025 – Miel Music
https://www.facebook.com/raphael.pannier.7
https://www.raphaelpannier.com







