Louis Bao Lao – Le temps d’écrire

Vincent Bourgeyx – piano
David Préz – saxophone ténor et soprano
Marc Bollengier – contrebasse
Christian Magret – percussions
Louis Bao Lao – batterie
Le temps d’écrire. Louis Bao Lao a effectivement pris son temps pour sortir son premier album. Une longue carrière internationale derrière lui, notamment en tant que batteur dans l’orchestre de Tito Puentes durant 20 années, excusez du peu, il délivre ici onze morceaux, dont 9 compositions personnelles, aux styles variées, influencés par ses expériences diverses ; il avait des choses à dire ; on trouve du bebop classique, du brésilien, du swing classique, pimentées des percussions de Christian Magret. Louis Bao Lao est trés bien entouré, par des musiciens hors pairs, dans un groupe purement acoustique. Le quartet est très homogène, trés équilibré. Chaque musicien est très présent, et l’album propose des morceaux aux ambiance variées, où chaque musicien s’exprime très librement, en préservant une totale cohérence. La joie et la liberté émanent de ce disque. A noter une prise de son très précise, réalisée dans les fameux Studios de Meudon, de l’« accordeur » Bernard Faulon.
Blues for Anna Mai ouvre le bal, bebop efficace. Les musiciens montrent de suite leur talent, notamment Bourgeyx au piano et Prez au sax, très présents, efficaces. Des chorus puissants et limpides.
Le temps d’écrire, bien sûr, thème évident, lancé par le sax, vite chorusé par le même. Le petit Boléro, jolie pièce, aux rythmes cubains souples, beau chorus de contrebasse.
Invitation, un standard complètement et très subtilement revisité, voire déconstruit. Le piano de Vincent Bourgeyx y est très présent. Avec en final, un superbe solo de Louis, trés diversifié, beaucoup de toms.
Lutetia, une véritable pièce plus qu’un morceau, aux ambiances variées. Le soprano de David Prèz (ce nom est un véritable clin d’oeil pour un saxophoniste, direction Lester Young) y est très volubile, bien soutenu par le piano.
La place de Trinidad, bebop moderne, walking bass et sax en roue libre ; fin sur des 4/4 enflammés.
Ballade pour Hervé, seule ballade du disque. Basse profonde et sensuelle, des balais, bref une forme classique, mais très bien amenée par Vincent Bourgeyx et « Le Prez », sur un très joli thème signé Louis Bao Lao. Finissant sur un chorus très sensuel du Prez.
Samba Là-Haut, c’est La samba de Louis ()! Vincent Bourgeyx encore une fois très présent à la rythmique.
Triangulaire, thème plus sophistiqué, rythmiquement, et harmoniquement. C’est peut-être le morceau le moins évident de l’album.
Une belle introduction de batterie sur le standard Lover Man dans une version speedé ; attention, ça va très vite, les 4/ 4 sont ébouriffants. On est tés très loin de la ballade d’origine. On termine sur une dernière samba, pour la route, Song for Santos, les nombreux chorus sax et piano sont lumineux, exaltants.
Voici un disque subtil, délivrant un jazz élégant, joyeux, avec beaucoup de chorus, des 4/4 riches avec une batterie présente, sonore mais subtile, d’excellents musiciens, en harmonie ; les thèmes étant relativement simples sur le fond, ils nécessitent néanmoins plusieurs écoutes pour rentrer dans l’univers de Louis Bao Lao. Mais une fois installé dans son monde, on l’écoute et réécoute avec grand plaisir. C’est presque un disque de découverte du monde du quartet jazz.
1. Blues for Anna-Mai (Louis Bao LAO)
2. Le temps d’écrire (Louis Bao LAO)
3. Le petit Boléro (Louis Bao LAO)
4. Invitation (Bronisław Kaper / Paul Francis Webster)
5. Lutétia (Louis Bao LAO)
6. La place de Trinidad (Louis Bao LAO)
7. Balade pour Hervé (Louis Bao LAO)
8. Samba là-haut (Louis Bao LAO)
9. Triangulaire (Louis Bao LAO)
10. Lover (Richard Rodgers)
11. Song for Santos (Louis Bao LAO
Par Pierre-Yves Miroux
2025 sur BSP PRODUCTIONS
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