L’Oiseau Ravage – Vertiges de la Mue

4 étoiles Sup.

Charlène Moura : Saxophone Alto, Batterie, Bruitages, Chants/Vocalises
Marek Kastelnik : Piano

Amateurs d’insolite, ruez-vous car ces 2 oiseaux-là ne laissent pas indifférents !!!

Duo décoiffant de la scène toulousaine, après l’album épuré « Déplumé », ils annoncent leur évolution dans ce « Vertiges de la Mue » avec un univers musical qui leur est propre où les oiseaux sont une source d’inspiration très importante.

Charlène Moura, influencée par nos compères d’Uzeste : Bernard Lubat et André Minvielle, est une musicienne aux pluri-compétences : saxophoniste, chanteuse et vocaliste à la voix haut perchée, bruitiste et en plus batteuse. Elle fait la paire avec Marek Kastelnik pianiste mélodiste qui frappe vivement les touches, les caresse ou fait vibrer les cordes de l’instrument. Tous deux manient humour, excentricité et brio à travers 9 morceaux dont les oiseaux sont les principaux héros.

Laissons-nous embarquer dans cet univers unique et audacieux !

Mes morceaux préférés :

« La Cérémonie » : Ce morceau de 10 minutes débute par un bruitage de chants d’oiseaux puis le piano de Marek démarre en douceur, les notes sonnent plutôt « classique », surgit le saxo alto de Charlène lyrique, vibrant puis le jeu monte en intensité et jet de notes plus brutaux, presque douloureusement. Suit un break soudain, le retour des pépiements d’oiseau et bruitages divers…Marek redémarre au piano en boucles frappées main gauche et mélodie lyrique à droite, Charlène vocalise et crie de cette voie haut perchée étonnante (façon Nina Hagen ?), et tout se calme vers un final chanté doucement à deux : à la fois poétique et surprenant !

« Faucon Toucan » : Aux rythmes frappés, hachés, énergiques, bien « free » piano/saxo s’ajoutent de folles échappées joyeuses : très vivant !

« Reflets iridescents en apesanteur » : Le saxo raconte une histoire émouvante à nouveau peuplée d’oiseaux, le piano souligne la poésie. Puis le saxo s’affole, le piano de Marek tourne sur quelques notes et repart accompagné cette fois de Charlène impulsive à la batterie, le morceau s’achève par un dialogue apaisé saxo/piano.

« Piou » : Son lancinant du saxo comme une « colère » d’oiseau ou de gallinacé puis Charlène se met aux percus pour une danse de plus en plus vive, Marek tirant sur les cordes du piano, l’humour s’empare du saxo en boucle !

« Poule d’Or » : Après une entame lente en sifflotant, le chant devient de plus en plus aigu, le piano au son très particulier (presque mécanique, un piano droit Pleyel des années 70) poursuit sur une mélodie entre Kurt Weill et Nino Rota, Charlène rebondit en bruitages percussifs puis en contrepied vient un final comme un chant murmuré.

« Difficile extraction de l’œuf » : Le saxo lancinant soutient et donne à imaginer cette ponte compliquée puis tout s’accélère vers la délivrance et ralentit pour laisser entendre divers bruitages (cage ?)

« La vie rêvée des aigles » : Le piano plane, le saxo envoie des volutes aériennes puis on passe de Debussy ou Satie à Katchatourian avec une accélération du mouvement où enfle la voix aussi perchée que les aigles, c’est joyeux !

Bref, un album inclassable avec certes des touches de jazz, de blues, de classique et tellement d’autres apports, foisonnant de sonorités étonnantes, d’humour, de baroque, de sensibilité et donc attachant !

Si vous êtes à Toulouse, ne loupez pas La Release Party au club Le Taquin le 19 Février au soir.

Chronique de Martine Omiécinski

Sortie le 20 Février chez Bruit du Vent dans les Arbres / Inouïe Distribution

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