Cuvier de Feydeau, Artigues-près-Bordeaux, 6 mars 2026

Airelle Besson, trompette
Lionel Suarez, accordéon
Deux premiers souffles de l’accordéon de Lionel Suarez laissent le son somptueux de la trompette d’Airelle Besson s’ y glisser. C’est un murmure, Blossom, une douce conversation où les notes s’étendent, s’allongent telles des paroles douces. Les sons suffoquent comme une joyeuse frénésie, le plaisir du partage. Le duo privilégie toutefois la sobriété, le jeu entre les deux n’en ressort que mieux. De retour à une quiétude, ils laissent le thème d’Airelle s’alanguir, éclore…lentement.
S’ensuit un morceau tourbillonnant, sorte de valse nerveuse dans laquelle les deux musiciens tournoient, l’un après l’autre, ensemble aussi, se cherchant pour mieux se retrouver . Heureuse association.
Des frémissements, de petits éclats de mesures pour une partition hachurée. Pourtant, le dialogue reste constant, les deux instrumentistes s’harmonisent avec toute la finesse de leur doigté.
La Luz Julia de Gardel, un tango où s’enchevêtrent parfaitement accordéon et trompette : l’osmose impressionne. Le morceau semble montrer la lassitude de danseurs en fin de soirée, passionnés mais épuisés, l’emballement dans les jambes. Les deux musiciens racontent à travers les variations fines une histoire. Chacun donne corps à son instrument.
Avec Answer me, la trompette d’Airelle Besson est très expressive comme l’accordéon de Lionel Suarez, le duo leur offrant une âme, alors les écouter touche au coeur. Les sons prennent le temps de leur expressivité, de leur sensibilité pourrait-on dire…
Cette ballade en forme de supplique est ainsi de toute beauté.
Les titres se succèdent enchanteurs, le son clair d’Airelle rencontre les aspirations nuancées de la composition de Lionel, Le Jour J à l’heure H, la complicité impeccable liée à la précision de jeu des deux artistes apportent une harmonie toute particulière et réjouissante à leur duo.
Encore une affaire de sentiments dans cet Olé Léo concocté par André Minvielle à la naissance de son fils. Lionel Suarez lui donne corps pendant que la trompette d’Airelle Besson traduit la joie tout en relief de cette arrivée et c’est en sifflotant à touches menues que Lionel conclut le morceau.
Par Anne Maurellet,
photos François Laroulandie



























