Guilhem Flouzat – I’m Nice

Isabel Sörling – Chant, chœur
Laurent Coq – Piano, rhodes
Ralph Lavital – Guitare, sifflement
Desmond White – Contrebasse
Guilhem Flouzat – Batterie, composition, chœurs

Invités :
Sullivan Fortner – piano (5)
Maxime Sanchez – Claviers (1,3,6)

Titres :

1. I’m Nice
2. Sprinkle
3. I Can Parent
4. Intruder
5. Sometimes a Man
6. Caïn
7. Hate is fun

Guilhem Flouzat signe ici un « mini « album (7 titres), dans la veine de ses 2 précédents opus orientés jazz/pop, sur son propre label, Elstir Music. Comme de nombreux musiciens français, il est passé par les scènes New-Yorkaises, et, de retour en France, a multiplié les collaborations, notamment avec le saxophoniste Sylvain Rifflet, et la chanteuse Marion Rampal. D‘ailleurs, certains titres se situent dans le même univers, une voix cristalline, une diction très précise, et des instruments au service du chant. Les musiciens qui l’accompagnent ici, en dehors des invités, travaillent avec lui depuis 10 ans maintenant. Il signe tous les titres de ce disque, musique et paroles. On est dans la droite ligne des 2 albums précédents, une pop agréable, mâtinée d’interventions jazz, majoritairement au piano.

On est donc dans une atmosphère pop jazzifiée, on pense à Rickie Lee Jones, pour l’ambiance générale, et la signature vocale originale d’Isabel Sörling. Disons-le de suite, le disque est assez inégal, avec certes beaucoup de sensibilité, et des textes originaux.

« I’m nice », ouvre le disque. Petite ritournelle sautillante, qui annonce le style du disque, et nous surprend, quand on connaît l’univers jazz de Guilhem Flouzat.

« Sprinkle » prend la suite, sans thème exposé. On est emporté dans un désordre subtilement organisé, dans un premier temps, jusqu’à l’apparition passagère d’une mélodie, qui reviendra subtilement à la fin. Un titre qui demande plusieurs écoutes.

« I can Parent », morceau totalement déstructuré, et des paroles scandées sur une rythmique uniforme. « Intruder », sans mélodie identifiée, un texte plus parlé que chanté, là encore, on est dans une ambiance minimaliste.

« Sometimes a man » renoue avec la modulation, une très belle ballade. Des notes éparses égrenées au piano, un ostinato de guitare, une batterie présente et discrète, et des interventions subtilement lyriques de Sullivan Fortner, ainsi qu’un chant cristallin, très haut placé. Une réussite.

On enchaîne avec « Caïn », aux accents sombres, à la dissonance assumée, dont on connaît déjà la fin de l’histoire.

« Hate is fun », pseudo boogie halluciné, aux guitares psychédéliques, saturées d’écho, sans doute le titre le plus original de l’album, sortant des sentiers battus, où le chant et la diction d’Isabel Sörling collent parfaitement au texte délirant.

Un album agréable, avec un personnel de haut niveau, mais qui ne révolutionne pas le genre.

Par Pierre-Yves Miroux

2026 – Elstir Music

https://www.facebook.com/guilhem.flouzat