Festival Jazz360 – 17ème édition – 2026 #2
Ce sont toujours des instants privilégiés que nous vivons à Langoiran, partenaire fidèle du Festival Jazz360, pour écouter de la bonne musique au bord de la Garonne. La 17ème édition bat son plein avec déjà quatre superbes concerts à son actif, et nous voici aux portes de son deuxième week-end. En cette fin de journée, le fleuve est tranquille et la météo clémente, mais le climat de la cité va vite se réchauffer grâce aux vents forts du jazz, du groove et du funk que vont souffler les deux groupes du jour !
Vendredi 05 juin à Langoiran
Big Band Jazz – 4ème Collège Éléonore de Provence de Monségur

Comme l’année passée à Camblanes-et-Meynac lors de la 16ème édition, c’est le Big Band des 4èmes du Collège Éléonore de Provence de Monségur qui assure la première partie, confirmant ainsi l’indéfectible soutien du festival aux jeunes artistes en devenir. Une riche formation, composée de 15 musicien.nes, rondement menée par leur professeur Christophe Gagner.
Après une souriante et documentée présentation de Mathilde Geffard, co-présidente avec Annie Robert de l’Association Jazz360, c’est un rafraîchissant jardin du jazz groove qui s’ouvre à nous grâce à « The Panther » de Dexter Gordon, l’un des maîtres du saxophone ténor, pépite des seventies tirée de l’album du même nom. Reprise groovy à souhait où le Big Band plutôt soudé malgré le nombre s’en tire au mieux de ses possibilités propulsé par l’excellent et tout jeune batteur et par deux basses électriques qui tiennent bon le flow. Et le tempo ne baisse pas d’un cran, c’est même un peu plus speed, avec le « The Shorty Shuffle » de Bil Evans (le saxophoniste, ex de chez le Miles Davis des eighties), un morceau du tout début du 21° siècle qui continue de chauffer le public. Pour clore en beauté la série groove, le Big Band est chaud bouillant et nous propose sa version du « Cold duck time » du vénérable Eddie Harris. Quel bon choix d’avoir repris ce brûlot qui figure notamment sur le live de Les McCann & Eddie Harris « Swiss Movement » capté en 1969 au Montreux Jazz Festival.
Le Big Band nous offre maintenant trois thèmes historiques du jazz. Tout d’abord instant be-bop avec « Now’s the time » de l’illustre Charlie Parker, un célèbre morceau sorti au début des années cinquante (sa composition remonterait fin 1945 !). C’est fou comme le speed jazzy d’aujourd’hui lui va bien grâce à tous ces jeunes et leur avisé directeur !
Instant émotion à la reprise de « Feeling good » de Nina Simone, qui nous téléporte en 1965. La claviériste est aussi au chant, sa voix est jolie et juste, habitée d’un vrai feeling, le groupe est uni par l’émotion et l’ensemble est enrichi de la belle harmonie des soufflants. Bravo !
Et enfin instant « The one and only Duke » avec le fabuleux « Caravan » que Duke Ellington composa en 1932. C’était avant-hier, mais le Big Band le rend tout à fait actuel. Le départ de batterie est très bien placé et dynamique. Elle soutient l’arrivée du thème, porté par une belle synergie collective. On note un joli chorus de la pianiste et mention spéciale à l’équipe des soufflant.e.s et le traditionnel passage aux chorus à chacun.e son tour, c’est réjouissant.
Mais le jazz a aussi une histoire beaucoup plus récente comme en témoigne « Les Éléphants », morceau du claviériste Émmanuel Bex, tiré de « Eddy m’a dit » (2025), dédié à Eddy Louis, l’un de ses mentors. C’est aussi une allusion à une enrichissante master classe qu’il a dirigée en mars dernier à Monségur, de retour d’ailleurs le 05 juillet dernier, ainsi que les classes de 6ème et de 4ème, pour le Festival des 24 heures du Swing. Le groove est puissant, quelle richesse d’harmonies ! Survient alors un break inattendu, profond et très original. La puissance du flow des deux basses nous entraîne alors qu’un vaillant chorus de trombone nous survole, sur de riches orchestrations. Aucun doute, Eddy Louis était dans leurs cœurs, et dans les nôtres aussi !
En rappel, l’un des fleurons les plus populaires du gospel avec un « How when the saints » ambiance Nouvelle-Orleans. Un son de Fanfare de là-bas et tout le monde chante. Très chaleureux et volontaire, on danse un peu partout, il n’y a que rires et sourires, le public venu en nombre est aux anges !
Toutes nos félicitations et nos remerciements à celle belle classe de 4° millésime 2026, ainsi qu’à leur professeur qui a su au mieux les former et les diriger.
Merci à James Pérouze (tromboniste du groupe) pour nous avoir communiqué le line-up que voici :
La rythmique :
Naoufel et Quentin étaient à la basse
Gabin et Louisa étaient à la guitare
Olivia était au piano
Lilian était à la batterie
Mélodique :
Jeanne, Robin, Angèle, Violette et Charlie jouaient des saxophones
Camille jouait de la flûte
Pauline jouait du violon
Juliette jouait de la clarinette
James jouait du trombone.
Par Dom Imonk, texte et photo
Dr Funktastik

La membrane des enceintes vibre, d’emblée, ça groove, funk à fond. La basse de Thomas Coutard gratte sans cesse, la guitare de Kevin Picq gambade fermement, après avoir engagé les morceaux avec sa voix soul qui scande des paroles, Sacha Lay prolonge avec son sax ténor.
A quatre, ils font pulser leurs compositions, voix comprise. La batterie de Julien Tremouille tient la cadence avec efficacité. Chacun assure pour que prenne feu le tempo comme des battements de cœur, 120 minutes s’entend. Salvation.
La ballade enlaçante Summerdays, grâce à la voix chaude de Sacha tendrement accompagnée par la guitare lumineuse laisse couler tranquillement la Garonne. Elle prend son envol peu à peu, retournant à la soul.
Parfois les chansons glissent vers le gospel, la basse caressante, la guitare bienveillante, le style léché.
Avec Blue bird, une composition de Cory Wong, c’est parti à fond les ballons, un sax chantant, basse, guitare et batterie en accompagnateurs aguerris…
Le solo de batterie renvoie au versant roots de Dr Funktastic, avec les baguettes, on a l’impression d’entendre des percu ; Chapeau !
La guitare s’offre un dialogue gouleyant avec le sax, ils battent la chamade et appellent batterie et basse au tempo toujours entraînant. Le public ne s’y est pas trompé qui s’est levé pour danser.
Pour finir, un solo de guitare inspiré pour une méditation, aux accords harmonieux, sorte de mini voyage onirique ! Le sax vient poursuivre l’aventure, la basse tangue élégamment… Jolie sortie.
Dr Funktastik :
Kevin Picq, guitare
Thomas Coutard, basse
Sacha Lay, sax ténor, chant
Julien Tremouille, batterie
Par Anne Maurellet, photo Dom Imonk
Samedi 06 juin à Cénac
L’un des évènements incontournables du Festival Jazz360 se dérouleà la Bibliothèque Municipale de Cénac le samedi vers 11h. Il s’agit de rencontres avec des musicien.ne.s qui viennent parler de leurs parcours et de leurs instruments. Lors des éditions précédentes, elles furent nombreuses et de styles variés, et les messages apportés furent très appréciés. En fait, ce sont de mini conférences ouvertes aux questions, riches en discussions, et qui préfigurent bien souvent le concert de ces artistes, en général l’après-midi. Le public en raffole !
À ce qu’on nous a rapporté, la salle était comble pour accueillir Matheus Donato, jeune musicien brésilien bourré de talent, devenu l’un des spécialistes du choro brésilien et de ses échanges avec le jazz. Bien qu’ayant initialement étudié la guitare classique au conservatoire de Brasilia, son instrument de prédilection est le cavaquinho, adorable « outil » qui a séduit l’auditoire, et en particulier l’après-midi, au Jardin des Tilleuls lors d’un exquis concert en duo avec son complice violoncelliste tout aussi talentueux Guillaume Latil. Retour sur ce concert à retrouver un peu plus loin dans cet article.
Un autre spot favori des afficionados du jazz, c’est le Restaurant les Acacias de Cénac. Bien connu pour sa fine table, et pour être un des fidèles partenaires de Jazz360 depuis 2010, avec les soirées SoupéJazz en cours d’année, ou lors du festival en formule Lunchjazz360 (midi) et Soupéjazz360 (soir). L’établissement appuie de jeunes artistes girondins, leur permettant de se faire mieux connaître d’un public à la fois gourmand de bons mets, et curieux de sons originaux. Cette fois-ci le Duo Émeline Marcon & Caroline Turtaut nommé La Rosée était au menu. Deux excellentes musiciennes amies et complices, chanteuses et claviéristes, que nous avions déjà eu le plaisir de croiser lors de concerts et festivals et dans de nombreuses jam sur Bordeaux. Elles nous ont confié que c’était complet le midi, et probablement le soir aussi ! Un succès prévisible si l’on en croit les notes de présentation du programme qui disent tout : « La bulle de « La Rosée » papillonne entre la soul, les musiques du monde et la poésie, avec des compositions originales et quelques reprises réarrangées. Ce sont deux voix, un piano, des claves et autres effets pour un voyage coloré qui se dessine à travers plusieurs langues, dont le français, l’anglais, l’italien et le brésilien ». Des artistes à découvrir dans ce projet, elles nous ont dit qu’elles auraient d’autres concerts sur Bordeaux et environs.
Par Dom Imonk
Chorale Altaïr

L’Association Jazz360 a toujours fait preuve d’éclectisme dans ses programmations, prenant des risques « joueurs » mais jamais inconsidérés. Proposer à son public des choix musicaux ouverts à 360°, ayant toujours de près ou de loin un lien avec le jazz. De sorte que choisir de s’aérer l’esprit avec ce vaste éventail, c’est y aller afin de découvrir et d’apprendre, mais jamais pour subir.
C’est ainsi qu’au creux de l’après-midi, nous nous sommes retrouvés dans la charmante Église Saint-André à Cénac pour assister au concert de la Chorale Altaïr. Le programme nous indique qu’elle a été créée en 1997 par Marie Chavanel, qui l’a dirigée jusqu’en 2004. Elle s’est produite depuis 2023 sous la direction d’Hélène Ardoin, abordant tour à tour répertoire de musiques anglaise et française du 20ème siècle et de musique sud-américaine.
Réunissant dix-huit femmes et de sept hommes, elle reprenait A Little Jazz Mass, une petite messe latine écrite en 2004 par Bob Chilcott, chanteur, chef de chœur et compositeur britannique.
La puissance magique des chœurs et leur remarquable direction ne tardent pas à nous emporter dans un univers particulier, où sentiments humanistes, amour et beauté pure des âmes prévalent. Par ce verbe lyrique collectif, on a pu par moments songer aux superbes réalisations du trompettiste et compositeur Kenny Wheeler, s’étant souvent allié à la chanteuse Norma Winstone, tous les deux également britanniques, d’où un probable alignement d’étoiles. Passionné par le jazz, l’auteur en avait insufflé les pigments aux cinq mouvements de sa messe, que voici judicieusement mis en avant par l’excellent duo unissant Nicolas Contamine au piano et Lucile Trougnou à la contrebasse.
En les présentant de façon savante et détaillée, Hélène Ardoin nous a aussi proposé quelques gospels de 1867 comme « Nobody knows », plutôt « nouveau testament » nous précise-t-elle, ou encore « Down to the river to pray », chantés avec beaucoup de ferveur par un chœur enthousiaste, au point que nous nous serions presque crus quelque part à Harlem ! Même chose à l’écoute du plus dynamique « I can’t take the world » (pas sûr de l’énoncé du titre) ou encore le brûlant « Praise his holy name » qui a enflammé la petite église et le public le reprenant en une véritable communion, le lieu était idéal, et sera même rejoué lors du rappel, un petit miracle comme le jazz sait en offrir !
Quant au duo Nicolas Contamine et Lucile Trougnou, il n’était pas seulement là pour accompagner le chœur. Il nous a joué avec beaucoup d’élégance quelques pépites bleutées finement choisies comme « Over the rainbow » version Keith Jarrett, ou encore « Speak low » de Kurt Weill. Un intermède inattendu très apprécié !
Au final, ce fût une très belle et touchante expérience que nous avons vécue là, forte en émotions, réactivant la lumière vive des sentiments du passé. Une remarquable chorale qui nous a enchanté.e.s, et que nous ne risquons pas d’oublier !
Par Dom Imonk, texte et photo
Guillaume Latil/Matheus Donato

Il fait bon être sous les tilleuls à Cénac, on dirait bien que la musique de Guillaume Latil et Matheus Donato en sort ou alors fait-elle corps avec eux. L’harmonie commence ici, la mélodie se love au creux de nous dès les premiers accords. Le violoncelle raconte une histoire puissante, toute en nuances aussi, un tourbillon de sensibilité pendant que Matheus trouve les harmoniques adéquates. Un magnifique balancement que le vent accompagne, séduit, envoûté, révélant la complexité du Palais Longchamp à Marseille et la splendeur de ses jardins, composé par Guillaume.
La musique traverse les Hémisphères – on s’y accroche- la meilleure façon, c’est de danser.
Tango et milonga se côtoient pour le plus charmant des melting pot. Allongement des jambes langoureux, retenues soudaines d’un talon en élévation pour le violoncelle, pas soutenus ou délicats avec Matheus. Caractère, personnalité et délicatesse s’entendent avec Aos meus Amigos.
Le jeu de Guillaume, ce sont de somptueux tourments, nervosité et finesse s’y rencontrent permettant à Matheus des mélodies chantantes grâce à son cavaquinho, cette petite guitare aux sons aigus et croustillants. L’équilibre des deux musiciens tient sur un fil tendu dans l’espace, une toile qui se tresse sous nos yeux, laissant libre cours à l’imagination. Là, un tableau urbain avec ses contrastes.
Et si, quatre accords, tout simplement… volontairement sans retouche et qui ouvre la porte au rêve…Le son brillant et enchanteur du cavaquinho de Matheus caracole, chemine, creuse, s’évade.
Les mélodies de Villa Lobos, ici, un train qui s’achemine, prend le temps de l’observation et décrit au moindre détail les paysages qui défilent. Matheus prolonge son cavaquinho par sa voix doucement susurrante.
Puis la Träumerei de Schumann sied à ces deux musiciens, tout en simplicité mais un travail d’orfèvre comme nous le précise Guillaume.
Les jets de musique de Guillaume sont toujours inspirés, un morceau du Sud, cœur et désir s’aventurent. L’âme du violoncelle de Guillaume Latil se livre à nous et à Matheus Donato qui enchante sa guitare, au rythme enjoué, les cordes des deux juste frottées dansent.
Guillaume, originaire de Marseille, aime les récits fabuleux, alors cette prière Bambara, même si ça n’est pas sa véritable appartenance, il la longe, la poétise… Une vérité peut sortir d’une affabulation, un récit de marins, une épopée, une traversée que Guillaume et Matheus mettent en scène, le violoncelle est balloté par d’immenses vagues, des récifs à contourner, c’est la passion d’un métier, d’un ouvrage aussi, d’une œuvre sans doute… La cavaquinho encourageant le conteur.
Pour finir, Guillaume dédie Horochoroforro à son ami Matheus – et quelle amitié ! – qui apporte à son tour de belles enluminures, morceau charnu, plein de riches méandres, festif.
Par Anne Maurellet, photo Philippe Marzat
The Getdown

Pour sa dernière soirée, l’éclectique et toujours plein de belles trouvailles, « Jazz 360 » proposait à Cénac un trio de choc pour un concert intitulé « The Get Down » dans une salle pleine au public chaleureux.
Le trio a l’originalité d’être composé de 2 claviers et d’une batterie :
- A l’orgue : Laurent Coulondre (installé en Gironde) que l’on connaît pour ses projets multiples notamment son hommage à Michel Pétrucciani et son album « Meva Festa » dédié à la musique latino-américaine
- Au piano : Rolando Luna le Cubain devenu toulousain se produisant régulièrement à l’auditorium de Bordeaux, apprécié pour ses mélanges inédits de musiques classique, pop/rock, funk et bien sûr cubaine
- A la batterie le pétillant et émérite batteur Arnaud Dolmen d’origine guadeloupéenne, que tous les porteurs de projets musicaux s’arrachent à juste titre : (Artiste instrumental 2025 aux Victoires du Jazz).
Sur l’album « The Get Down » sorti à l’automne dernier, le pianiste était Grégory Privat que Rolando Luna remplace régulièrement selon les disponibilités de chacun. Les compositions jouées ce soir sont de Laurent Coulondre, Arnaud Dolmen ou du trio de l’album.
Une ballade sur-vitaminée « Amber’s Ballad » de et par Laurent à l’orgue ouvre le concert avec un Rolando débridé au piano et un Arnaud déjà au taquet : interplay jouissif où les 3 se donnent à fond. Suit un air de carnaval très contemporanéisé – « Andidan » d’Arnaud incisif et vibrant avec une rythmique de folie (nous sommes au milieu des tambours du carnaval !).
Lyrisme et connivence colorent la montée en puissance de « Spirit of Five », la salle est au rendez-vous, de plus en plus « caliente ». « That’s Life » révèle la tendresse dont ils sont tous les 3 capables (toucher subtil de Rolando, d’Arnaud aux mailloches et de Laurent sortant des sons inouïs de ses pédales et de ses touches d’orgue).
Deux nouvelles propositions sont adoubées par le public : « Get Down Zouké » d’Arnaud avec un groove imparable de la Caraïbe, coloré par son chant/scat et « Get Down Track 2 » de Laurent qui entame à fond avec des sonorités évoquant les années 60, qu’Arnaud « gwokalise » brillamment de son tambour spécial et Rolando de ses inventions sonores!
Viennent « Merci Biguine » chaloupée et rythmée à souhait puis « Endless Groove » joyeux au tempo en boucles, et « Uno Mas » cubain et bluesy à la fois, sur lesquels les 3 nous embarquent dans des joutes improvisées à 2 et à 3 avec cette énergie folle et cette maestria auxquelles on ne résiste pas.
Pour le dernier morceau « The Get Down » (titre de l’album), signifiant le moment où la foule envahit le devant de la scène pour danser, toute l’équipe de « Jazz 360 » s’avance devant et chante avec les musiciens et le public debout : les 3 larrons s’éclatent et nous éclatent par leur présence énorme et leur virtuosité.
Le rappel est un mélange incroyable d’un morceau de Laurent : « El Jonito » et de « Superstition » de Stevie Wonder où tempo latino et funk s’entre-mêlent allègrement Rolando et Laurent rayonnants (jeu et aura), Arnaud phénoménal.
Bref, un concert dont on se souviendra longtemps tant l’envie, le partage, la créativité et le brio nous ont captivés.
Merci à toute l’équipe de Jazz 360 pour son accueil, ses choix et sa disponibilité !
Par Martine Omiécinski, photo Philippe Marzat
Dimanche 07 juin à Quinsac
B Fonk

La dernière journée du festival est consacrée à l’art du vivre ensemble. Un beau dimanche ensoleillé, c’est idéal non ? Histoire de passer des moments privilégiés avec familles et ami.e.s, on a tant de choses à se dire autour de belles tables gourmandes qui régalent petits et grands, des instants rythmés de rires et de musiques festives. La vie quoi !
Après l’attendrissante introduction musicale d’un groupe d’enfants du collège, sous l’œil attentif du chef d’orchestre et des proches, c’est B Fonk qui va ouvrir la fête, un brass band bordelais créé en 2020, devenu très actif sur la région. Il se présente ainsi sur sa page : « B FONK c’est du funk partout, même en bas de chez toi ! ». Ok, nous avons compris le message, ça va chauffer !
Alors que les plus prévoyants ont déjà entamé leurs repas à l’ombre et que les files d’attente s’allongent aux stands des boissons et glaces artisanales, ou au food truck, les B Fonk ont commencé à chauffer l’ambiance en envoyant sérieusement du groove sur la place bondée. Trombone, trompette et saxophone traversent déjà l’air de leurs traits rougeoyants, la guitare cocotte dans le pur esprit funk, alors que les percussions et l’énorme soubassophone forment un pacte rythmique ébahissant, qui dicte le tempo de la fête.
D’univers musicaux assez proches, au sein lesquels l’esprit du jazz est très présent, les membres du groupe se connaissent bien et sont par ailleurs liés d’une passion commune pour la musique de New-Orleans, les racines, mais aussi par l’afro-beat et le funk. Ça se sent dans la densité du feeling collectif, la précision du flow, la façon de se placer et d’envoyer du boost quand il le faut, notamment lors de chorus vitaminés. L’image ça compte aussi et celle de B Fonk est très pro en live, jusqu’au « dress code » qui les unit. Plusieurs morceaux ont été joués parmi lesquels nous avons cru reconnaître « Funky poodle », une composition, de même que « Art comes first », cover du Hypnotic Brass Ensemble assez afro-beat, ou encore « T Jam », cover de George Duke. A un autre moment, c’est au groupe Defunkt que nous avons pensé. C’est dire l’éventail des possibilités de ce brass band, formé d’apôtres avertis des dancefloor ! Furieuse envie de dire comme les jeunes « En vrai, ça groove grave ce truc ! ».
Après ce concert sur la place et s’être quelque peu sustenté, B Fonk, qui est un « marching band », est parti pour une déambulation musicale dans la ville, jusqu’à la place de la Mairie où deux autres morceaux ont encore été joués. Puis la marche s’est poursuivie toujours en musique, entre arbres et champs jusqu’aux hauteurs ombragées de Quinsac pour y rejoindre le Wonder Brass Quartet. Un vivifiant pèlerinage jazz suivi par beaucoup de fidèles de la note bleue, et de la nature.
B FONK :
Jonathan Bergeron : saxophone
Rozann Bézier : trombone
Paolo Chatet : trompette
Thomas Galvan : percussions
Emmanuel Milhou : percussions
Régis Capdeville : percussions
Maxence Nicolats : soubassophone
Mathieu Porsin : guitare
Par Dom Imonk, texte et photo
Wonder Brass Quartet

Nous voici bien installés sous un bosquet de chênes et de pins protecteurs, adossés à quelques rangs de vigne et face à de tranquilles champs verdoyants en contrebas. Des conditions idéales pour découvrir le Wonder Brass Quartet. Fondé à Toulouse il y a quelques années, il réunit quatre étonnantes musiciennes qui se définissent avec humour et justesse comme un « Quartet en Fanfare délibérément féminin ».
Ainsi, passés les premiers mots de présentation, nous sommes charmés dès les premières notes par la délicatesse, l’élégance et l’âme de leur musique qui semble les survoler, comme de beaux papillons dont les couleurs s’envolent. Une impression de légèreté naturelle que favorise aussi une mise en scène futée, nourrie d’une agile chorégraphie, le tout formant ce spectacle vivant qui captive petits et grands.
Proposant un répertoire de compositions et de reprises, enrichies de beaux arrangements, elles s’inspirent de divers styles, allant du jazz à la musique latine, en passant par des touches de groove-funk, dans un esprit New-Orleans revisité, apposant ainsi leurs empreintes avec éclectisme. C’est réjouissant à écouter, d’autant que les présentations de Caroline Marceillac y invitent par son humour espiègle, et sa façon piquante de raconter de touchantes histoires.
Excellentes musiciennes, elles savent créer une densité sonore aérée, par une combinaison pointue des instruments, entre souffle collectif mouvant et échappées de saisissants chorus, ce qui s’associe au mieux aux gracieuses déambulations scéniques. Le petit plus, c’est qu’elles ont eu la bonne idée d’ajouter parfois leurs voix au flux des notes, ce qui apporte une touche lyrique inattendue du meilleur effet.
Le Wonder Brass Quartet vit sa musique plus qu’il ne l’interprète. Il lui donne ainsi une sonorité visuelle vive et festive, une réelle identité qui captive et donne envie de bouger comme les quatre complices, ce que catalysent des compositions à l’écriture teintée de malice, et des reprises audacieuses de standards à l’aura planétaire. Alors laissons-nous tomber sous leur charme et mettons-nous à danser, au moins dans nos têtes !
Voilà, c’est déjà fini, quel attachant concert ! Les musiciennes nous saluent avec de gentils mots et quittent la scène en ondulante file indienne, mais elles reviennent bien vite pour un rappel délicieux, qui termine cette belle journée !
La 17ème édition du festival se clôture de vibrante façon et aura été une réussite totale tant artistique qu’au plan de la fréquentation selon les organisateurs, ce que nous avons perçu à la vue d’une audience fidèle et nombreuse, clairement attachée à l’esprit de la programmation.
Un grand merci à l’Association Jazz360 et ses équipes pour leur incroyable travail, et leur engagement permanent. Merci aussi aux partenaires, aux magnifiques artistes et au public, et à l’année prochaine !
Voici une liste non exhaustive de titres qui ont été joués, avec l’aide de Sarah Meguelatti que nous remercions :
« Borderline Bossa » (Sarah Meguelatti, arrangement Wonderbrass quartet)
« Fantaisie » (Eline Groulier, arrangement Wonderbrass quartet)
« Le tapis de Papi » (Caroline Marceillac, arrangement Wonderbrass quartet)
« Oblivion » (Astor Piazzolla)
« Caravan » (Duke Ellington et Juan Tizol, paroles Irving Mills)
« Chameleon » (Herbie Hancock).
Wonder Brass Quartet :
Wilma Ambrosio : grosse caisse préparée
Eline Groulier : trombone
Caroline Marceillac : soubassophone
Sarah Meguelatti : saxophone soprano
Par Dom Imonk, texte et photo
Jazz360 vous informe qu’au fil de l’été les artistes seront à voir / revoir / écouter / réécouter sur sa chaîne :




























