Cesaria Evora Orchestra au Rocher de Palmer / Cenon – Le 19 mars 2026

Line-up :

Musiciens :

Humberto Ramos : Piano

Adérito Pontes : Guitare

José Antonio Soares : Cavaquinho

Mayo (Simão Benjamin) : Basse

Periclès Paris : Batterie

Vincent Raymond : Trompette

Alban Chapelle : Saxophone Soprano et Alto

Chanteuses/eur :

Lucibela

Ceuzany Pires

Téofilo Chantre

Elida Almeida

Nos amis du Rocher de Palmer, dans le cadre de leur dynamique programmation éclectique ont eu la bonne idée de recevoir le Cesaria Evora Orchestra. Comment ne pas être tentée par ce concert hommage à cette grande artiste de la World Music. On n’oublie pas sa présence particulière quand on l’a vue sur scène et encore moins sa voix si singulière, chaude, enveloppante, « patinée » par ses excès de cigarettes et d’alcool qui a fait qu’on a écouté ses chansons en boucle pendant des années.

Cesaria nous a quittés en 2011 (15 ans déjà !). En environ 23 ans de carrière elle a sorti une douzaine d’albums (plus les compilations et les inédits posthumes), a parcouru les scènes de la planète entière, une vraie diva qui a obtenu des récompenses dans beaucoup de pays dont une Victoire de la Musique en 1999 pour le meilleur album World Music de l’année (« Café Atlantico », celui-là même que j’ai écouté en boucle …). Rappelons aussi les hommages d’autres artistes : son duo avec Bernard Lavilliers « Elle Chante », « Ave Cesaria » de Stromae, l’Angolais Bonga, Angélique Kidjo, Ismaël Lo, Maria Andrade ou Gaël Faye etc…La diva aux pieds nus a marqué cette scène World mais pas seulement, elle a été une source d’inspiration de plusieurs générations !

Il était donc logique qu’un an après sa disparition, certains musiciens de ses anciens compagnons de route décident de fonder cet orchestre. Quelques années après une nouvelle tournée européenne l’amene sur nos terres. Il est composé ce soir de 7 instrumentistes et 3 chanteuses plus un chanteur (ce dernier Téofilo Chantre ayant composé plusieurs morceaux pour Cesaria).

Le concert démarre par un instrumental « Flor Formosa » qui balance doucement sur un rythme afro-jazzo-caribéen, avec au piano Humberto Ramos, à la basse Mayo (Simão Benjamin), à la batterie Périclès Paris, à la guitare classique Adérito Pontes, au Cavaquinho (petite guitare portugaise à 4 cordes) José Antonio Soares, au saxophone Alban Chapelle et à la trompette Vincent Raymond.

La chanteuse Lucibela, de sa voix suave ouvre la voie et la voix avec « Cise », illuminé par les guitares et la trompette lyrique de Vincent Raymond puis « Besame Mucho » cet incontournable de Consuelo Velasquez qui continue à nous cueillir grâce à la voix, au piano et au saxo soprano. Puis Ceuzany Pires, une autre voix du CapVert la rejoint pour un duo plus enjoué où les hanches roulent sur scène et dans le public qui commence à bouger.

Ceuzany poursuit de sa voix plus forte sur « Mar Azul », une belle morna (ce style musical typique chargé de mélancolie) magnifiée au piano par Humberto Ramos et les guitares. Puis nous reconnaissons « Petit Pays » qui lui permet de faire participer le public. Le très dansant « Nutridinha » nous happe par son tempo allègre éclairé vivement par le saxo et la trompette (ces 2 là doivent jouer aussi dans des formations cubaines !), on tape des mains et remue les hanches ! Le public est ravi !

Ceuzany accueille Téofilo Chantre et sa voix chaleureuse pour un nouveau duo sur le doux « Crepuscular Solidão » où la tendresse du jeu d’Humberto nous enveloppe.

Téofilo enchaine avec 3 autres titres de sa composition (pour Césaria) : « Fatalidad » très vif avec une guitare supplémentaire dont il joue, le tempo est bien latino, à la trompette Vincent Raymond envoie de vibrants et magnifiques riffs. Puis « Mãé Carinhosa » (sorti sur un album posthume de Cesaria en 2013 avec 13 inédits) balance terrible, le batteur Périclès Paris montre brillamment l’étendue de son jeu.

Téofilo termine par « Rogamar » une prière à la mer illustrée par le brio des 2 soufflants, des différentes guitares et un duo Batterie/Piano, sur lequel il accueille la ravissante Elida Almeida pour un duo de chant et de danse.

Elida prend la suite de sa jolie voix claire, chaude et enjôleuse sur « Bia de Lulucha » du folklore capverdien, sa voix et ses pas de danse enflammant le public, Périclès s’éclate aux percussions, Mayo à la basse. Suit plus lentement « 10 grazinhos de Terra », la voix puissante et profonde d’Elida s’enracine sur le lyrisme de Adérito Pontes à la guitare, José Antonio Soares au cavaquinho et Humberto au piano : magnifique !

Puis « Angola, Angola » très connue du répertoire de Cesaria rebooste l’énergie communicative des musiciens dont Mayo le bassiste angolais et emporte le public poussé par Elida.

« Sodade » (ce sentiment de langueur, de mélancolie et d’espoir mêlé), une des plus belles chansons de Cesaria entamée par Elida est reprise en chœur par les 4 chanteurs. Chaque musicien est présenté lors d’un solo les mettant chacun en valeur comme il se doit pour ce dernier morceau dont le refrain est repris par le public.

Nous aurons droit à 2 morceaux pour le rappel :

« Sangue de Berona » : un air populaire vivifiant du CapVert et l’explosif et inoubliable « Carnaval de São Vicente » du fameux album « Café Alantico ».

Bref une soirée très agréable, avec des artistes à la hauteur, un « show » bien mené, bien joué et bien chanté qui nous aura permis de faire « revivre » la diva aux pieds nus Cesaria Evora !

Par Martine Omiécinski, photos David Bert

https://lerocherdepalmer.fr/

Galerie photos par David Bert