Fustige – The Very Pulse of Existence

2 étoiles.
Ossian Macary / claviers, trombone
Antoine Martin / saxophone
Martin Ferreyros / guitare
Juan Villarroel / basse, moog
Zacchary Leblond / batterie
Fustige, jeune groupe français signe ici son premier album, après un EP en 2022. Toutes les plages sont composées par Ossian Macary, tromboniste de formation. Le groupe s’est formé en 2019, chacun des membres ayant suivi des formations dans différents conservatoires, entre autres Paris.
L’atmosphère générale de l’album est en majorité plutôt sombre, voire angoissante. La musique de Fustige ne respire pas la gaieté et l’enthousiasme, en tout cas sur ce disque, et sauf sur 2 titres. Sur le fond, on retrouve donc 2 types d’ambiances extrêmes : sombres, angoissantes, ou parfois joyeuses, exaltantes ; il n’y a pas de place pour l’entre deux. En quoi, leur musique est très expressive. Cette expressivité donne une impression de puissance musicale. Le contrecoup, elle perd en finesse et en sensibilité. Sur la forme, impossible de définir le style de leur musique. On passe même par des ambiances dignes d’un groupe punk. Les différents membres du groupe interviennent d’ailleurs dans des groupes de jazz et des groupes de rock, notamment Wolf Trap. Certains titres peuvent évoquer aussi les univers de Radiohead et de Coldplay. Mais en règle générale, l’électronique est extrêmement présente. Très peu de place pour le trombone ou le saxophone, qui lui, est généralement éthéré. Beaucoup de plages où les instruments sont à l’unisson, avec des évolutions harmoniques inquiétantes, pour aboutir à des fins épiques. Ce qui peut donner parfois une impression de pompe, souvent le défaut des groupes de rock progressif, mouvement musical toujours vivant, ayant eu son heure de gloire dans les 70-80, avec une musique très symphonique. On trouve aussi des plages de type électro rock, que l’on pourrait entendre dans les boîtes à danser. On peut regretter une certaine uniformité au niveau des structures des morceaux : une exposition d’un thème relativement simple en nappes de guitare, ou de synthétiseurs, une batterie d’abord structurée, qui part assez vite en mode débridé, avec doublement du tempo, et des progressions harmoniques assez prévisibles, pour finir dans une montée très lyrique. C’est sans doute un des défauts de l’album.
Ossian Macary a beaucoup de choses à dire. Le disque est curieux, intéressant ; on est très loin du jazz même dit « moderne »; d’ailleurs le disque est classé « Black Metal » sur certaines plateformes. Néanmoins, si l’objectif de cet album était avant tout de nous raconter notre va et vient continuel entre l’angoisse et la lumière, alors il est atteint, car c’est ce que l’on ressent à son écoute.
Par Pierre-Yves Miroux
TC PRODUCTION – 2026


















