Julien Queriaud, piano, Xavier Garnier, contrebasse, Arnaud Perrin, batterie

PhD : nous sommes avec Julien, Arnaud et Xaxier, le groupe Hard Swing Mango juste après leur concert de JAC 2019. Expliquez nous l’origine de votre groupe et l’origine de son nom ce qu’on a dû vous demander cent fois !
HSM : c’est un algorithme internet qui a trouvé notre nom.
PhD : ?? !!
HSM : on se posait la question, est-ce que c’est le groupe qui a une identité et doit trouver un nom qui lui correspond, ou est-ce que le nom peut aussi forger une partie de l’identité du groupe.
JQ : Dans le jazz, c’est comme ça que je le vis, on a envie de jouer avec d’autres musiciens et de faire des projets ensemble , le nom du projet ça vient après parce qu’il faut en donner un. Alors on s’est dit qu’on allait utiliser un algorithme sur internet. On a rentré les termes qui nous faisaient sens, on a appuyé sur « entrée ». Ça nous a sorti Hard Swing Mango on a trouvé ça chouette, ça nous correspondait.
AP : En gros ça imageait un petit peu l’écriture, les mélodies venant pour la plupart sur le premier album de Julien, certaines de Xavier, une musique aux couleurs romantiques, un peu spatiale et servie par une rythmique un peu tendue qui serait plutôt le « hard ». On vient tous un peu du jazz de tradition donc le mot « swing » ne nous a absolument pas choqués étant présent dans notre musique, et « Mango » pour le côté un peu suave.
PhD : la formule trio est assez disons traditionnelle, en quoi vous démarquez vous ? Je crois avoir la réponse en ayant entendu le concert, subtilité, musicalité pas de succession de chorus habituelle. Alors comment définissez vous votre musique ?
HSM : On fait un travail collaboratif, je peux arriver avec une simple mélodie et on construit ensemble la structure rythmique. On co-construit en essayant, on se donne la liberté d’essayer, de se libérer des clichés et à partir de ça on écrit l’instant qui a eu lieu. C’est vrai qu’on a la volonté de casser un peu les schémas standards comme plein d’autres l’on fait, on s’implique dans cette continuité des musiciens qui cherchent plutôt à plus de l’ordre du récit dans la musique plutôt que l’ordre de la forme et de comment je joue avec cette forme. On est un peu plus dans le récit, dans l’ambiance, et exprimer avec les notes ce qu’on ne peut pas vraiment exprimer autrement.
PhD : sans pour autant renier le passé car j’ai entendu pas mal de citations
HSM : Oui, on a tous joué dans des formations en trio ou quartet autour des standards, bien entendu
PhD : justement avez vous des modèles ? Pas forcément des influences mais des modèles, des gens, des musiques qui vous ont marqués
JQ : Oui, mais ce qui est intéressant c’est qu’on n’a pas les mêmes
PhD : le pianiste alors ?
JQ : Brad Meldhau bien sûr, le côté hip hop de Robert Glasper tout ce qui est de l’ordre de la musique produite, avec un peu de Bill Evans en passant.
AP : Tigran Hamasyan aussi de part ce qu’il peut mettre culturellement dans sa musique en mélangeant ça à certains codes du jazz ce qui crée une identité énorme. Moi ça m’a beaucoup influencé, le batteur notamment, Mark Guiliana pour l’aspect minimaliste, j’utilise trois sons , je fais quoi avec ? J’aime beaucoup ça aussi, une certaine complexité autour de trois sons.
XG : moi je suis un grand fan de Queen, de pop, de rock et en même temps je suis complètement dingue de la musique africaine, au niveau des racines, du groove, du rythme. J’aurais voulu être un rythme plutôt qu’un être humain. Et je suis un adepte, un fan, un disciple de Bruno Chevillon qui est un contrebassiste incroyable, hors pair. Lui même s’est inspiré de plein d’autres mais pour moi qui l’ai rencontré qui ai joué avec lui et énormément appris, c’est une référence dans la musique. C’est un élément qu’on amène dans notre musique cette part qui vient des musiques improvisées, auxquelles on rend hommage sans forcément en parler. J’espère qu’ils ne nous en veulent pas d’ailleurs. J’ai une part de moi qui vibre dans l’impro libre totale.
PhD : vous savez qu’Action Jazz essaye de rayonner sur la Nouvelle Aquitaine, mais on ne peut pas être partout, parlez-nous du jazz à Poitiers
XG : La scène jazz à Poitiers… C’est plutôt une scène justement autour des musiques improvisées, il n’y a pas trop de place du coup pour des formations plus standards et plus classiques. Il y a des lieux ou de temps en temps sur une coproduction on peut se produire mais pour nous ce n’est pas forcément un endroit ou on a démarré pour jouer.
JQ : L’endroit pour jouer du jazz c’est ma maison
AP : Poitiers c’est notre résidence mais aussi le berceau. Ce qui est étonnant c’est qu’il y a plein de musiciens. Il y a un gros réseau au niveau du métal et du rock
PhD : des projets autres que celui en cours ?
JQ : Moi je joue du tango argentin par ailleurs
XG : avec Arnaud on partage un sextet, le Velvet sextet avec la chanteuse Leah Gracie, une chanteuse « de la région » entre guillemets car on a toujours tendance à dire on est les locaux du coup on est un peu low cost, mais en fait ce n’est pas vrai, c’est une super chanteuse. C’est un sextet de type jazz groove, Roy Hargrove. C’est assez humble, on joue un peu partout alors qu’avec Hard Swing Mango on a des exigences, on ne joue pas n’importe où, on joue à Jazz à Caudéran voyez par exemple ! (Rires) Avec le Velvet on joue dans les bars. Sinon je joue aussi dans le Lobe de Claire Bergerault,un orchestre symphonique de musique improvisée avec 25 musiciens.
PhD : merci messieurs et bravo pour cette magnifique prestation qui a beaucoup plu au public.
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