Henri Texier – Healing Songs

Henri Texier : contrebasse
Sébastien Texier : sax alto, clarinette alto, clarinette
Hermon Mehari : trompette
Emmanuel Borghi : piano, Fender Rhodes
Gautier Guarrigue : batterie

Invité : Manu Katché : batterie

Voici le dernier disque d’Henri Texier, à plus de quatre-vingts ans, ce visionnaire jette un coup d’œil dans le rétroviseur de sa carrière.

Il convoque quelques amis musiciens et leur propose de réinterpréter ses compositions les plus emblématiques.

Et des pépites, Henri en a écrit énormément.

Voila soixante ans que ce contrebassiste parisien nous distille un jazz novateur, enrichi de voyages et de contributions les plus variées.

Son jeu percussif se reconnait entre mille, et la magie des mélodies proposées opère à chaque écoute.

Invité récemment dans l’émission culte, « Jazz à FIP », l’auteur nous décrit la genèse du disque, la simplicité des rencontres, les amitiés durables, le plaisir de jouer en famille, et tout ce mélange permet de fusionner en un disque merveilleux.

Et c’est sur ce dernier opus réunissant, pour certains des copains de longues dates et aussi des petits nouveaux croisés d’ici et là, du côté du Triton (club de jazz parisien) que l’artiste va rejouer ses plus grands tubes.

Le but du disque est simple, nous faire du bien, comme justement évoqué dans le titre de l’album, des chansons qui rassurent, la musique qui soigne, bref tout un programme, mais après écoute de l’album, la magie opère et l’on ressort apaisé, comme une évidence.

Et pour que cela marche, les morceaux ne sont pas choisis au hasard, titres culte de certains albums, ou revisite d’autres, durée rallongée et thème décortiqué, vous l’aurez compris le voyage démarre dès le premier morceau, et c’est l’Amazone qui nous ouvre ses portes.

Ce morceau est reconnaissable entre mille, « Amazone blues », c’est lui qui entame l’album.

On le retrouve sur l’album « Azur Quartet », qui à mes yeux est un enchantement, album touché par la grâce, et plébiscité à de nombreuses reprises.

Mais cette version a un côté très familier, comme si on l’avait déjà entendu, mais dans un rêve peut être, le piano d’Emmanuel Borghi sonne et swingue à la fois, l’assise rythmique est là, bien présente, tous les musiciens répondent au thème, la magie de la mélodie nous transporte dans ce « road trip » onirique.

Ça y est le voyage peut commencer, et comme à son habitude Henri nous bouleverse, le deuxième opus, » Greve Revolte », introduit par Sebastien Texier à la clarinette, dévoile une atmosphère chaude et suave, l’enveloppement est total.

Ce morceau est emprunté à l’album « Terre d’Argile », musique de film qui a dû attendre trente ans avant d’être immortalisée.

« À l’écoute de ce voyage phonographique où la clarinette et l’alto virevoltent, portés par les complexes polyrythmies de la basse et de la batterie, on a peu de peine à imaginer les images de ce film muet, portrait d’un village perdu dans le Sahara où le temps semble suspendre son cours ».  –Hervé Comte   

L’ensemble de cet album est magnifique, servi de mains de maitre.

Manu Katché s’invite sur plusieurs morceaux, le jeu de cet artiste, vient répondre à la contrebasse de Monsieur Texier, la souplesse de son jeu avec des balais est remarquable, la finesse et la subtilité du phrasé nous emportent sans jamais devenir prenantes.

Les neuf plages que comporte ce disque sont jubilatoires, l’album pourrait être en quelque sorte une porte d’entrée pour pénétrer dans l’imaginaire de cet artiste passionné.

Un très bon disque, à écouter en vitesse pour finir l’hiver en beauté et si l’on ne ressort pas guéri, nous serons sans doute apaisés.

Album à recommander.

Par Cédric Pichot

Album Label Bleu    L’autre distribution

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